La neige est au rendez-vous, les pistes aussi. Mais à l’heure du dérèglement climatique, skier demande de repenser ses habitudes. Et hop, huit leviers pour continuer à profiter de la montagne autrement.
Il a neigé cet hiver et une bonne partie des amateurs de glisse ont chaussé leurs skis pour partir tout schuss à l’assaut des pistes. Une habitude qui concernerait environ 1 Français sur 5, adepte de certaines des 250 stations de ski du territoire. Elle n’est toutefois pas sans impact sur l’environnement. D’après une étude réalisée en 2022 par Utopies pour l’ADEME, l’empreinte carbone d’une journée de ski générerait 48,9 kgCO2e (étude réalisée pour une journée de ski à La Clusaz, le Grand Bornand et Tignes). Plusieurs postes sont à prendre en compte. Le transport d’abord, qui représente 52 % de ces émissions de CO2, puis les infrastructures et services (17 %), l’équipement (16 %), et enfin l’alimentation (8 %), le logement touristique (4 %) et le domaine skiable (3 %). Si vous faites partie des mordus de neige, voici quelques conseils pour vous aider à limiter l’empreinte carbone de vos vacances à la montagne.
L’empreinte carbone d’une journée de ski générerait 48,9 kgCO2e
1. Voyager en train ou en covoiturage
Si le transport représente la plus large part des émissions liées aux vacances à la neige, c’est en raison de l’utilisation par de nombreux vacanciers de la voiture individuelle voire de l’avion. D’après l’étude d’Utopies précitée, une personne vivant à Annecy qui se rend dans l’une des stations de l’étude génère 22,1 kgCO2e s’il vient seul en voiture contre 5,5 kgCO2e s’il covoiture avec trois autres personnes. De même, un Londonien qui se rend en station en avion puis taxi génère 61,7 kgCO2e, alors que ses émissions s’établiraient à 5,0 kgCO2e s’il venait en train puis bus. Des émissions divisées par 4 pour l’habitant d’Annecy, et par 12 pour le Londonien. Cela vaut le coup de tenter d’autres mobilités, non ?
Pour faciliter la tâche à ceux qui souhaitent se déplacer autrement, l’association POW a concocté un outil (Pow Mobility) qui permet de trouver des solutions bas-carbone pour voyager d’un point A à un point B (en station), en train et/ou en bus. Autre solution, celle du covoiturage, qui permet tout de même de réduire son empreinte carbone par 4. De nombreuses stations sont accessibles en train, avec parfois une navette qui permet de se rendre de la gare à la station directement. Parmi celles citées par la SNCF, on trouve Avoriaz ou l’Alpe d’Huez dans les Alpes, Ax-Les-Thermes dans les Pyrénées ou encore La Bresse dans les Hautes Vosges.
Pour rester sur cette lancée slow, en été également (petit aparté !), n’hésitez pas à faire un tour sur le site changerdapproche.org pour y dégoter plein d’idées de sorties en montagne (principalement des randonnées) accessibles sans voiture.
2. S’équiper avec de la seconde main
Autres préparatifs avant le départ : l’équipement, qui représente donc tout de même 16 % des émissions pour une journée de ski. Option 1 pour limiter votre impact si vous allez régulièrement à la montagne : acheter des vêtements et équipements d’occasion. Si vous ne trouvez pas votre bonheur sur les sites classiques (Le Bon Coin ou Vinted par exemple), allez faire un tour sur des sites plus spécialisés comme Campsider, une plateforme pour l’équipement de sport de seconde main, ou encore le coin « seconde vie » du Vieux Campeur, où vous attendent vos prochains skis « flambant vintage » !
3. Penser à la location de matériel et de vêtements
Option 2 pour les skieurs du dimanche : la location. Le matériel peut se louer en station, et les vêtements techniques peuvent notamment l’être sur certains sites, comme celui dédié à la seconde main de Decathlon (decathlon.skimium.fr) pour les vêtements et le matériel ou pour les enfants, sur yapukandco.com (pour les affaires de vacances d’hiver mais aussi d’été d’ailleurs). Bye-bye la combinaison taille 6 ans qui ne servira que pour quelques descentes en ski version chasse-neige.
À lire sur le même sujet → Mode d’emploi pour faire bifurquer ses vacances
4. Réparer son matériel
Autre réflexe à garder en tête : celui de réparer au lieu de jeter. De nombreuses marques proposent un service de réparation. Et Green Wolf et Goodloop réparent également les vêtements pour leur donner une seconde vie. Si vous êtes du genre débrouillard, vous pouvez aussi vous inspirer des tutoriels de Patagonia pour réparer l’équipement de sport.
5. Recycler ce qui ne sert plus
Lorsque votre équipement arrive en fin de vie, il existe certaines solutions de revalorisation. C’est le cas par exemple pour les chaussures de ski. Ainsi, la marque Tecnica récupère les anciennes paires, les remet en état s’il est possible de leur donner une seconde vie, ou bien les recycle pour concevoir de nouvelles chaussures de ski, de nouveaux skis ou de nouvelles chaussures.
6. Choisir une des stations labellisées Flocon vert
Le label Flocon vert recense les stations de ski les plus engagées en faveur de la transition écologique. Il existe trois niveaux de flocons. Un flocon pour « Territoire engagé », 2 flocons pour « Vers l'exemplarité » et 3 flocons pour « Exemplaire ».
7. Choisir un hébergement écoresponsable
Comme les stations, les hébergements peuvent aussi obtenir des labels, permettant de juger de leur niveau de sobriété (énergétique, consommation d’eau, gestion des déchets, mesures anti-gaspillage alimentaire…). Parmi ces labels : Écolabel européen, Écogîte, Green Globe ou encore Clef Verte.
8. Organiser une opération de ramassage de déchets
Sur place, continuez à suivre vos habitudes écologiques, en respectant au mieux l’environnement naturel. Si vous souhaitez aller plus loin, il est possible de participer à l’une des opérations de ramassage de déchets organisée par Mountain Riders, voire d’organiser vous-même l’un de ces événements citoyens ! Ça vous tente ?
