Trop de moustiques par ici. Aucun moucheron collé au pare-brise après des heures de route par là. Mort du dernier Rhinocéros blanc mâle laissant l’espèce réduite à 2 femelles. Monocultures forestières qui altèrent la robustesse de l’écosystème… Le vivant traverse une crise majeure qui met à mal le socle naturel de nos conditions de vie sur Terre. Afin d’appréhender le sujet, plongeons ensemble au cœur de la biodiversité pour comprendre son fonctionnement, évaluer l'impact de notre espèce et découvrir comment réagir collectivement.
L’actualité brûlante de l’été nous rappelle fermement que la biodiversité est avant tout une incroyable aventure collective : une toile vivante, vibrante et infiniment connectée dont nous faisons partie intégrante, et dont, par conséquent, nous partageons la responsabilité.
Liberté, égalité, biodiversité
On commence par une petite définition ? Contraction francisée de “biological diversity”, la biodiversité désigne la pluralité des formes de vie sur Terre. Elle s’articule ainsi autour de trois niveaux indissociables :
- la diversité génétique au sein des espèces, dont la nôtre,
- la diversité des écosystèmes (forêts, océans, prairies, zones humides),
- les interactions entre les deux.
Ensemble ils forment un tissu vivant interdépendant, dont le maillage, lorsqu’il est serré et dense, assure la robustesse.
Légende : l’exemple de l’interdépendance au niveau d’une mare
La nature régale
En dézoomant des interconnexions propres à chaque écosystème, on réalise à quel point l’humanité dépend des services que la nature met gratuitement à sa disposition. Leur petit nom ? Les services écosystémiques qu’on peut répartir en 3 catégories.
- Service supermarché géant : la nature nous fournit nourriture, eau, bois, coton, molécules médicinales et j’en passe,
- Service régulation : la nature c’est le cycle de l’eau douce, la fertilité des sols, la pollinisation des cultures, le stockage du carbone, la dépollution
- Service pass culture : la nature c’est de belles cartes postales, un patrimoine naturel et paysager, un terrain d’activités de loisirs, ce qui contribue à notre bien-être psychologique.
Un poids plume aux conséquences de géant
Et nous dans tout ça ? Sur l’ensemble du poids total du vivant, aussi appelé biomasse, l'espèce humaine ne représente qu’une part dérisoire de 0,01%, la majorité de la matière vivante étant constituée des plantes, puis de bactéries et champignons.
Pourtant, ce même poids plume impacte de manière très lourde l'ensemble du règne animal et végétal. Notre développement industriel, notre expansion tous azimuts et notre hyperconsommation ont totalement renversé l’équilibre naturel du système : là où la limite planétaire fixe un seuil d’extinction à 10 espèces par million et par an, le rythme actuel s’établit entre 100 et 1 000.
Les scientifiques s'accordent à dire que nous sommes aujourd’hui entrés dans la 6ᵉ extinction de masse. La toute première provoquée par une seule espèce : devinez laquelle...
Complètement à la masse
Selon l'IPBES, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique dédiée à la biodiversité (équivalent du GIEC pour le Climat), la dégradation repose sur cinq pressions majeures :
- La destruction et la fragmentation des habitats naturels : la déforestation, l'étalement urbain et l'agriculture intensive grignotent les espaces de vie.
- La surexploitation des ressources : la surpêche, la chasse excessive et le braconnage épuisent les stocks sauvages au-delà de leur capacité de régénération.
- Le dérèglement climatique : la hausse des températures et la multiplication des événements extrêmes modifient les milieux trop vite pour que les espèces puissent s'adapter.
- Les pollutions : pesticides, plastiques, engrais azotés et métaux lourds empoisonnent les sols, les cours d'eau et l’Océan..
- L'introduction d'espèces exotiques invasives : introduites volontairement ou non, elles prolifèrent au détriment des espèces locales et déstabilisent des écosystèmes entiers.
Des fondements contre l'effondrement
Le gros avantage de la biodiversité, c’est qu’elle est là, tangible : il suffit de regarder une mouche ou se mettre sur un bout de pelouse pour la toucher du doigt pied. Par conséquent, il existe un panel de gestes large et accessible pour participer à aider le vivant à se maintenir, voire pour certaines espèces, à se régénérer.
1. Préserver et restaurer les habitats naturels
Un principe : laisser de l'espace au sauvage et limiter l'artificialisation des sols.
Des pistes concrètes : participer à des chantiers de plantation de haies champêtres, laisser des zones en libre évolution dans son jardin ou plus ludique, fabriquer et répandre des bombes à graines.
2. Gérer raisonnablement les ressources et la consommation
Un principe : prélever moins et mieux pour laisser la nature se régénérer.
Des pistes concrètes : côté alimentation, privilégier le côté local et raisonné des éleveurs de bétail à viande ou choisir des poissons dont les stocks sont pérennes, privilégier le bois et le papier certifiés (FSC/PEFC).
3. Limiter le dérèglement climatique et les pollutions
Un principe : réduire la source des perturbations physiques et chimiques des milieux.
Des pistes concrètes : intégrer une alimentation biologique et locale qui n’utilise pas d’engrais de synthèse, bannir les plastiques à usage unique
4. Contenir les espèces exotiques invasives
Un principe : être vigilant.e lors des déplacements et choix d'aménagement paysager
Des pistes concrètes : planter des espèces végétales locales respecter les consignes de biosécurité lors des voyages pour ne pas transporter d'organismes nuisibles, participer à des chantiers de lutte contre la prolifération d’espèces nuisibles.
Réparer le vivant
Puisque l’humanité fait partie intégrante de la biodiversité, préserver les espèces et leurs milieux revient tout simplement à protéger les conditions de notre propre avenir. Entre gestes individuels et mobilisations collectives, tout est bon pour (ré)apprendre à être pleinement vivant, ensemble !
Les limites planétaires expliquées à ta grand-mère
donut c’est LE média pop et pédagogique conçu pour comprendre les enjeux naturels de notre planète, et leurs conséquences sur nos vies au quotidien.
Découvrez la série Limites planétaires en formule pro ou perso ici > donut.press/boutique-donut/
🍩 psst : -10% sur toute la boutique avec le code CHICHEDONUT (valable jusqu’au 30 sept. 2026).
Illustrations de donut et Chaaya Prabhat
