D’après une étude de l’UNICEF, 73% des mineurs dans le monde estiment ne pas être suffisamment impliqués dans les décisions qui les concernent. Même son de cloche en France où un élève de Terminale sur quatre n’a pas du tout, ou peu, confiance dans le système démocratique. Les années COVID ont renforcé ce trouble en l’alourdissant d’un sentiment de solitude, parfois de détresse, qui ne trouve ni oreille attentive, ni débouché concret pour le convertir en acte. Quels sont aujourd’hui les espaces pour s’investir dans la cité pour ceux et celles qui ne possèdent pas encore de carte électorale ?
Les budgets participatifs, voter pour sa ville
Voilà un bon moyen de donner son avis pour sa vie, sa ville. Le budget participatif permet aux habitants de décider directement comment une partie des finances de leur ville est utilisée. Et au contraire d’une élection, ces budgets sont parfois élargis aux moins de 18 ans. L’exemple parisien est éloquent. Son budget participatif propose aux jeunes de 7 ans ou plus et quelle que soit leur nationalité de voter pour participer à la construction de leur ville.
Pour en savoir plus sur le budget participatif si j’habite à Paris, c’est ici que ça se passe.
Les autres villes qui mettent un place un budget participatif.
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La participation en ligne, cliquer pour s’insurger
Le clic n’est pas anodin, quoiqu’on en dise. L’activiste Claire Nouvian persiste et signe pour dire que les signatures pour une pétition sont des arguments de poids face aux décideurs. Tout mineur peut agir et signer, partager, relayer des combats en ligne. Seule condition : posséder une adresse mail. Change.org, Avaaz.org, SumOfUs, toutes ces plateformes portent un grand nombre de pétitions et sont aussi des tremplins pour lancer les siennes, de la cause nationale au combat ultra-local.
Autre exemple tout aussi brûlant : dans le cadre de l’élection présidentielle, Jean-Marc Jancovici a lancé “Un Commun Accord”, une assemblée citoyenne qui s’attaque aux grands dilemmes de nos vies, initiative que l’on peut soutenir en ligne ici.
Les manifestations, marcher pour… plein de choses
Lorsque l’on n’a pas 18 ans mais que l’on entrevoit le futur avec une angoisse permanente, rien ne vaut la vraie vie, les rencontres et les liens physiques pour soutenir un engagement et ouvrir des portes nouvelles.
Les marches climat sont des images marquantes tant elles semblent mélanger les générations. La vague “FridaysForFuture” déclenchée par Greta Thunberg a montré récemment à quel point la mobilisation et l’envie de se faire entendre peut être enthousiasmante et efficace. Dans la même veine, il y a les Jeunes Ambassadeurs pour le climat et le Global Youth Climate Pact, ou le Pacte Mondial des Jeunes pour le Climat, un projet de recherche mondial qui donne la parole aux lycéens au sujet du changement climatique.
À noter : face aux récents “dérapages” à Saint Soline et ailleurs, l’instauration d’un cadre juridique plus protecteur du droit de manifester est central . Comment les forces de l’ordre sont aujourd’hui sensibilisées et formées pour gérer une manifs de jeunes enflammés ?
Les médias et réseaux sociaux, s’informer autrement
Ces moyens (parfois à tort confondus en une fin) représentent aujourd’hui de véritables terrains de jeu et d’engagement. Certains jeunots s’y racontent, se mettent en scène et “influencent” quelle que soit l’ampleur de leur communauté. D’autres formats, plus traditionnels, interrogent et entendent l’itinéraire déjà riche de certains et certaines. C’est par exemple le cas de “Bigger than us”, le documentaire de Flore Vasseur qui suit à la trace de (très) jeunes activistes dans leurs luttes et désirs de changement chez eux, chez elles, dans la réalité concrète de leur quotidien.
Les mouvements associatifs, un pied à l’étrier
Ils sont aujourd’hui des lieux qui ont souvent besoin de changements de logiciel, de surprise et qui demeurent des espaces d’action politique essentielle.
Pour découvrir des associations à destination des plus jeunes partout en France, c’est ici.
Les conseils de jeunes, souffler à l’oreille des élus
Voilà une autre piste intéressante. Les conseils municipaux de jeunes (CMJ de leur petit nom) sont des agoras rassemblant enfants et adolescents dont le but est d’être une sorte de réceptacle à idées. Les participants et participantes peuvent proposer des projets pour ensuite les défendre face aux élus. Aménagement de nouvelles aires de jeux ou d’un terrain de Soccer, création de nouvelles pistes cyclables, organisation d’un festival ou d’un tournoi de Basket, etc. tous les bons coups sont permis.
Les exemples ? Il y en a et c’est bon à lire ! Direction Linselles, par exemple, où des jeunes ont contribué à la programmation d’animations locales ou encore à la création d’espaces publics adaptés à leurs besoins. À Saint-Mandé, ce sont des projets portant sur la santé et la prévention qui ont été menés (grâce à un CME désigné lors d’élections au sein des écoles). En tout, ce sont au minimum 1 458 conseils municipaux des jeunes qui ont été comptabilisés dans une étude publiée en 2021 par l’Injep (l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire).
Pour en savoir plus, ça se passe ici
Les villes à “hauteur d’enfant”
Dans la lignée des CMJ, la ville “à hauteur d’enfant” a pour objectif de faire de la participation des plus jeunes un levier d’éducation citoyenne et de transformation urbaine. Ces démarches, portées notamment par l’ANACEJ citée plus tôt, nécessitent de repenser la gouvernance locale pour la rendre plus inclusive.
Par exemple, à Laval, la mairie a débloqué un budget de 200 000 euros pour que les jeunes de 12 à 25 ans puissent soumettre des initiatives écologiques, sportives ou renforçant le lien social. Et les résultats sont là : l’année dernière, ce sont 6 projets lauréats qui ont été sélectionnés pour être mis en place. À Nanterre, c’est une enveloppe de 50 000 euros qui a été proposée aux plus jeunes pour mettre en place des projets portant là aussi sur des thématiques culturelles, d’éducation ou encore et toujours d’écologie.
S’engager maintenant est aussi une promesse pleine d’espoir pour l’après-maintenant : “Pour préparer l’avenir, il faut que toutes les villes aient la possibilité d’associer les jeunes aux décisions qui les concernent, c’est-à-dire à toutes les décisions. S’ils se sentent concernés quand ils ont 10, 14 ou 16 ans, ils iront voter quand ils auront 18 ans” explique Jonathan Bocquet.
Éclaircies à l’horizon ?
Si ces différentes possibilités ouvrent déjà la porte à un réel impact sur nos vies, d’autres progrès pourraient voir le jour si nos élus suivent les préconisations du rapport de l’UNICEF. Parmi elles, il y a par exemple la “clause impact enfance” qui garantirait la consultation des mineurs dans le cadre de l’examen des textes de loi, la mise en place d’un conseil d’enfants et d’adolescents, cette fois à l’échelon national, qui serait rattaché à la Délégation aux droits des enfants de l’Assemblée nationale. On y croit !
SOURCES :
- « Les nouvelles formes d’engagement politique des jeunes » — AuFutur
- « Ces villes qui intègrent les jeunes aux décisions publiques pour renforcer leur engagement » — Envies de ville
- « Vers une démocratie inclusive : intégrer la voix des enfants dans les décisions politiques » — UNICEF France
- « Les conseils municipaux des enfants : la vie démocratique locale de demain » — La Gazette des communes
- « Le Parlement des enfants » — Éduscol – Ministère de l’Éducation nationale





