Les municipales, c’est fini. Nous avons appris le mot “quinquangulaire”, découvert le visage du plus jeune maire de France, écouté l’un dire “je me retire”, l’autre dire “jamais de la vie, je veux absolument rendre fier mes parents et faire mes 12%” et une autre encore tenter un jeu de mot délicat sur les réseaux avec une image de “soupe à l’union”. Tous et toutes nous étions dimanche à 20h devant notre télé, radio, téléphone intelligent pour entendre les résultats… Et attendre. Et râler. Et sourire. Et râler. Et maintenant, comment on enchaine alors ?
Une bonne nuit
Le mauvais plan : zoner longuement, déprimer largement, souffler fortement sur lemonde.fr et instagram. Mais vous le savez, ce n’est pas là que jaillira une nouvelle du type : “En direct : contre toute attente, la paix dans le monde et dans les cœurs sera bien de retour demain à 8h00.” Les municipales ont amené avec elles leur lot de mauvaises nouvelles et de craintes (légitimes) pour l’avenir de nos plus ou moins grandes communes. Mais comme toujours, le verre n’est jamais complètement vide…
…Une bonne histoire
Parce que oui, pour bien dormir, c’est bien connu, il faut des belles histoires. Et cette édition 2026 ne nous en prive pas : XX, XX, XX, on vous laisse compléter à votre guise.
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Un spectacle
Ils et elles forment une troupe, une vraie. À tel point que si vous assistez à leur nouveau spectacle “Liberté, égalité, etc”, que vous adorez, que vous y retournez le lendemain, vous constaterez que les artistes tournent. Leur collectif regroupe 25 êtres créatifs, jamais en même temps sur scène mais tous et toutes à l’origine d’un spectacle inratable, mêlant mots, chants, corps et âmes. Peut-être aviez-vous déjà découvert leur dernière création “L’hiver sera chaud”, qui continue d’ailleurs d’être jouée et plébiscitée, création qui abordait la thématique des dérèglements climatiques. “Liberté, égalité, etc”, comme son nom l’indique, s’attaque à la non moins immense question de notre avenir politique, à un an presque tout pile de l’élection présidentielle. Le gros bonus si vous faites preuve de réactivité ? Une de leur prochaine représentation sera suivie d'un débat avec Salomé Saqué, l’autre avec Monique Pinçont-Charlot et Blanche Sabbah. Allons enfants, la scène de gloire est arrivée.
Un dessert au chocolat
Vous voyez ce fondant chocolaté portant fièrement sur ses épaules une boule de glace vanille ? Et bien c’est exactement ce que vous allez vous offrir pour le dessert. Et c’est aussi précisément la métaphore qu’il nous faut pour regarder la suite avec confiance. Un fondant chocolaté-vanillé rend les gens heureux. Les fait se rassembler, se parler, se réjouir de l’instant. Cette base-là, cette assiette-là que l’on cherche, qui nous manque. Quel outil politique peut pousser les gens à se parler, avec une envie, totale, une saveur, évidente ? Telle est la question. En attendant, tâchons d’être tous et toutes la version la plus fondante de nous-mêmes.
Un livre
Ivan Illich vous connaissez ? Ce monsieur, tout comme Ellul, Charbonnier, Dumont et d’autres, a joué un rôle majeur dans l’élaboration de la pensée écologiste durant les années 1970. Alors, on vous l’accord, ce nom n’est pas encore la super star qu’il pourrait être pourtant l’un de ses concepts phare “La convivialité”, développé dans le livre éponyme, aborde l’intégralité des débats endiablés qui vous passionnent vos soirées : effondrement mais création, fascisme mais collectif, bascule, progrès mais sobriété, limites mais bien-être, etc. Gros avantage si votre cerveau est un peu embrumé comme le mien, Illich, ce n’est pas Jancovici. Si vous loupez un élément de son discours, il y reviendra, différemment, donnera de nouveaux exemples, reformulera, histoire de bien nous faire comprendre ce qu’il y a à comprendre.
Un autre livre
Eva Illouz, la sociologue, vous connaissez ? Moi aussi. Son livre “Explosive modernité”, vous l’avez lu ? Moi non plus, en tout cas pas encore. Mais je pressens le grand intérêt de ce genre de lecture au lendemain de municipales aux résultats déboussolants. Illouz y interroge la capacité de la “modernité” à façonner, nourrir et déployer nos angoisses existentielles. Comment prendre du recul sur nos émotions collectives, celles déclenchées par le débat public et la mutation de l'information ?
Un podcast
Plus la m… s’accumule, plus le génie en nous peut s’emballer. Plus le danger rôde, plus la créativité s’impose. Le faux soir, raconté par notre bon vieux Fabrice, c’est une histoire de résistance telle qu’on en raffole. Audacieusement drôle, incroyablement professionnelle, radicalement créative. Et c’est ce genre d’idée qu’on doit, qu’on veut, qu’on va avoir dans les prochains temps. Pas le choix que de rire pour résister.
Un autre spectacle
“Bonjour quand même”, c’est le nouveau spectacle de l’humoriste Haroun, actuellement en tournée intergalactique. Là encore, il est question de rire, là encore il est question de trait d’esprit qui agissent comme des airbags face aux murs qu’on manque de se prendre (et que beaucoup se prennent déjà) en permanence. Haroun balaye toutes ces questions et angoisses qui vous habitent, en choisissant souvent les pires. Et ses petites lunettes rondes, loin d’y répondre ou de les éteindre, se contentent juste de les observer par un autre angle et de les rendre parfois plus inoffensives, voire injustifiées. Et ça fait du bien. Et ça fait réfléchir. Et ça fait du bien. Bon jour quand même.
Un café avec Manuel Valls
Rires du public. Applaudissements. “Merci à tous et toutes, c’est tout pour moi !”
Une formation en ligne
Cogito, c’est une tripotée de gens qui déclare sur son site avoir décidé de “fabriquer des parcours d’esprit critique plutôt que de vendre des smartbox ou planter des salades dans leur jardin”. Dans notre équipe à nous, les plus campagnards et planteurs de salade ont d’abord frisé la vexation (pas la salade) et puis on a quand même creusé ce “Cogito”. Cogito propose des programmes pour affiner l’outil number one, la pierre angulaire de nos sociétés : l’esprit critique. Quand il s’effrite c’est l’ensemble de nos fondations qui menacent de s’écrouler, c’est les vieux fantômes glaciaux d’antan qui ricanent à la porte de notre pays. Deux parcours accessibles à ce jour : celui baptisé “Esprit critique Initial”, le parcours d’entrée, composé de 4 modules thématiques. Et puis il y a la “Certification” pour les belles et beaux gosses de l’esprit critique. A venir cette année : un parcours d'esprit critique appliqué aux IA. On prend aussi.