Appelons cela “l’urgence démocratique”. La défiance envers les institutions atteint des sommets. Une récente enquête du CEVIPOF datant de 2024 l’illustre avec ce chiffre : 28 % des Français·es déclarent faire confiance à leurs responsables nationaux. Néanmoins, si le taux d’abstention aux municipales de 2020 a dépassé les 55 %, il n’en reste pas moins que le taux de confiance vis-à-vis de l’élu·e local·e atteint lui 40%. Est-ce donc par là qu’il faut commencer pour réparer la vie de nos cités ? Quelles organisations rejoindre pour changer les choses ?
1. Fréquence Commune, la coopérative des communes et des listes participatives
Commençons par l’engagement le plus évident en vue d’une élection : candidater ! Fréquence Commune pousse des citoyens et citoyennes à monter leur liste citoyenne et participative pour les municipales à venir.
Derrière ce joli, mais bien vague, qualificatif “participatif”, entendez une liste créée par un collectif d’habitants, doté d’un programme co-construit avec la population. Les candidats sont désignés collectivement et refusent le fonctionnement traditionnel et hiérarchique d’une liste : pas de chef ni de parti politique chez Fréquence Commune. Objectif : modeler une démocratie plus directe, plus proche des préoccupations du peuple.
Le site de Fréquence Commune est une petite pépite : essayez et vous verrez qu’il donne très envie de se lancer : on y découvre un décompte du nombre de listes se lançant dans la bataille, des rendez-vous pour se former, des contenus, des méthodologies clairement exposées… Toutes les conditions sont réunies pour passer de l’envie à l’acte.
Last but not liste (merveilleux jeu de mot), Fréquence Commune a décidé de placer sa mission et la recherche du bien commun avant le profit. Pour cela le fond s’est traduit en une forme bien précise : une coopérative SCIC. Fréquence Commune est ainsi une entreprise gérée par ses sociétaires, regroupés en 8 catégories : salarié·e·s, fondateur·trices, accompagnateurs·trices, municipalités, collectifs, bénévoles, chercheur·euse·s et partenaires. 100% des bénéfices restent ainsi dans la coopérative pour réaliser ses missions.
2. “Avec Mairie-Me, nous voulons démontrer que les municipales 2026 peuvent être l’occasion de remettre les habitant·es au cœur des décisions locales.”
Après “There is no planet B”, nous vous annonçons que “There is a plan B”, une alternative apartisane mais pleinement politique, capable de redonner une place centrale aux habitants et habitantes dans la vie démocratique. Mairie-Me est une plateforme numérique indépendante conçue pour renforcer la démocratie locale et valoriser la parole citoyenne.
On doit l’initiative au Collectif pour une Transition Citoyenne (CTC) et pas mal d’organisations partenaires. L’idée ? Donner la parole aux habitant·es sur les questions qui comptent pour leur commune : logement, transports, environnement, alimentation, santé, cadre de vie, etc.
Concrètement : chaque citoyen·ne peut, anonymement et sans inscription, déposer sur le site ses attentes ou doléances pour sa commune sur la plateforme. Ces contributions sont ensuite agrégées par commune, analysées et transmises aux collectifs locaux. À partir de ces idées, Mairie-Me construit des “Pactes citoyens” - sortes de cahier de propositions - portés auprès des listes candidates aux élections municipales, afin de les engager sur des priorités identifiées par les habitant·es.
Enfin, et parce que c’est intéressant de ne pas arrêter la démarche au Jour J des élections, Mairie-Me propose d’inciter les futurs et futures élues à intégrer les gens, nous et vous, dans les prises de décisions, afin d’aboutir à des politiques locales justes, soutenables et démocratiques. Lumineux, n’est-il pas ?
3. Actions Communes, un pour tou.te.s, tou.te.s pour tou.te.s
Vous avez besoin de vous laisser porter par une vague puissante, un rouleau citoyen qui ne recule pas devant la digue du cynisme et du désespoir ? On a exactement ce qu’il vous faut. C’est notamment eux et elles qui vous apprendront qu’on recensait en 2014 une dizaine de listes citoyennes et participatives et que ce chiffre est passé à 600 voire 800 selon les estimations, en 2020. Elle est pas belle la liste ? Elle est pas belle la dynamique ? Elle sera pas encore plus belle 2026 ?
Cette énergie et cette marmite des listes participatives, c’est Actions Communes qui est tombé dedans depuis une bonne décennie. Ce réseau de collectifs citoyens et citoyennes engagées dans nos communes a vocation à faire des collectifs et à transformer le groupe en liste pour, finalement, gagner une élection, appliquer un programme et un mode de faire nouveau.
Si on se penche sur le fil rouge de ces collectifs, on retrouve les trois piliers à l’arrière-goût déjà-vu, mais au sens toujours aussi essentiel et urgent : la justice sociale, la justice climatique “capable d’endiguer l’extinction exponentielle du vivant, à notre échelle” et la révolution du paradigme démocratique.
Quelle forme prendra votre engagement si vous décidez d’adhérer à Actions Communes ? Vous aiderez à renforcer l’idée et la conscience de l’urgence d’établir une réelle démocratie participative, la fameuse bataille culturelle. Vous participerez à étoffer, à construire le réseau déjà foisonnant d’Actions Communes. Et enfin vous aiderez (intègrerez ?) des listes participatives et contribuerez à rendre 2026 plus démocratique, plus enthousiasmante et plus vivante.
4. Victoires Populaires
Un constat de base de “VP”, Victoires Populaires : si Jean-Michel se forme, “monte en compétences” comme disent les jeunes, s’il apprend à coopérer avec d’autres au service d’objectifs clairement définis en amont, alors Jean-Michel pourra faire de grandes choses.
Mouvement né de la Primaire Populaire (qui avait pour mission de désigner un ou une candidate unique pour les forces de l’arc écologiste et social en 2022), Victoires Populaires mobilise citoyens et citoyennes “pour créer les conditions de la victoire”.
Véritable “machine à faire de l’organizing”, Victoires Populaires mène des campagnes électorales en deux temps :
- D’abord pour faire gagner des candidat·es portant un programme engagé pour l’écologie, la justice sociale, le renouveau démocratique
- Et ensuite pour s’assurer qu’ils et elles mettent en place les “promesses”, le programme et l’espoir hérité du programme.
Au-delà des méthodes millimétrées et très concrètes (phoning, porte-à-porte, etc.), Victoires Populaires et ses quelques centaines de bénévoles sur le terrain se sont accordés sur des principes d'actions et notamment l’indépendance (vis-à-vis des partis), “la politisation” des mentalités, l’écoute (le lien et la rencontre comme règles d’or pour lutter contre l’abstention et la polarisation des idées) ou encore l’importance de la représentativité sociale. Cerise sur le gâteau avancée sur le site du mouvement : “Nous valorisons la créativité et la joie”. Non juste parce que la joie, c’est joyeux, mais bien parce que stratégiquement, c’est un levier puissant identifié par les responsables du mouvement.
Dernier point non moins important et allant dans ce sens : Victoires Populaires voit la montée en force des idées d’extrême droite sur les réseaux et dans les médias. Le mouvement porte aussi des campagnes dites “non électorales pour gagner la bataille culturelle.
5. Street Press, du clic à l’acte
Le chiffre fait froid dans le dos. À droite du dos, tout à droite. Le RN de Marine Le Pen pourrait remporter 101 des 500 plus grandes villes françaises, aux municipales en mars prochain. Face à cela, Street Press propose un mode d’action inédit.
Street Press dites-vous ? Le média ? Parfaitement. Ce site web d'information, qui revendique un journalisme de gauche, engagé, consacré à l'investigation et aux cultures urbaines et aussi une rampe de lancement pour l’action concrète, celle qui suit le travail journalistique.
En l’occurrence cette action prend aujourd’hui la forme d’une campagne contre l’extrême droite. L’équipe de Street Press s’est lancée récemment dans ce qu’elle a appelé “La Bataille des Municipales”. Le principe est simple : mettre un coup de projecteur sur les communes qui pourraient être gagnées par une liste d’extrême droite lors des élections municipales à venir.
Pour ça, une cartographie a été minutieusement constituée, s’appuyant sur le réseau de Mobilisations.org et les recherches d’un certain Alessio Motta, docteur en sciences politiques à l'université Paris I. Le résultat est aussi coloré que flippant : une carte et une sorte de “NutriScore du risque” : A signifiant que le risque est nul… jusqu’à a lettre E symbolisant la victoire probable de l’extrême droite dès le premier tour. 3.500 communes sont ainsi considérées “prioritaires”.
Loin d’être une boule de cristal décourageante, le projet de Street Press permet de mettre en avant l’horizon à fixer : seule la mobilisation des citoyens et citoyennes peut inverser la tendance.
Au-delà de cette cartographie précieuse, Street Press organise son travail autour de trois piliers :
- Le travail d’information, notamment au travers d’outils comme cette carte
- La mobilisation, et jamais seul ! Le site web s’est lié à plusieurs dizaines, d’associations et collectifs de la société civile pour permettre ce passage du site web au terrain,
- Enfin c’est comme VP un travail de formation que propose l’organisation. Plus les gens seront formés à enquêter, plus les forces antidémocratiques seront combattues ou du moins pointées du doigt.