10 fins du monde déjà annoncées dans le passé : l'apocalypse a toujours été pour demain

10 fins du monde déjà annoncées dans le passé : l'apocalypse a toujours été pour demain

Daniel, Newton, Paco Rabanne… tous l'ont annoncée, et elle n'est toujours pas venue. Petit florilège des fins du monde ratées.
30 September 2026
7 minutes de lecture

Jean-Noël Lafargue, auteur de Les Fins du Monde: de l’Antiquité à Nos Jours est certain “qu'en cherchant bien on peut trouver des prédictions de fin du monde chaque année depuis des siècles”. Idem pour son compère, l’historien Luc Mary pour qui la fin du monde aurait déjà été annoncée 182 fois au cours de notre courte histoire. Sacrée créativité, sacrée fascination. Visiblement ça a un goût de revenez-y ce truc là. Mais si on peut éviter de vraiment la vivre un jour, ça nous arrangerait.

L’histoire du monde qui explose, c’est d’abord Dieu ou les dieux qui sont aux manettes. Et puis peu à peu, Sapiens a bien compris que les dangers menaçant sa survie n’étaient pas uniquement liés à ce grand barbu, notamment grâce à la science et ses progrès. Des milliards d’années d’évolution, la prise de conscience que l’univers est périssable, que des astéroïdes ont déjà détruit d’autres planètes, que les dinosaures mal tourné, tout ça nous a mis en alerte et a même dopé notre capacité à inventer des fins du monde plus ou moins rationnellement justifiées.

Jerusalem captured under the direction of Antiochus IV Epiphanes. Origin: Amsterdam. Date: 1690. Object ID: RP-P-1896-A-19368-822.

Daniel ouvre le bal

Le premier qui a lancé la mode, c’est Daniel. Aux environs de 167 av. JC, le Livre de Daniel (contenu aujourd’hui la Bible et son Ancien Testament) prédit la fin des temps suite à la profanation du Temple de Jérusalem par le roi Antiochos IV, le big boss d’un empire syro-iranien. Visiblement, il a dû apporter une boîte de chocolats ou un bouquet de fleurs pour se faire pardonner parce que rien ne s’est finalement passé à ce moment-là.

Pas de flip au Nouvel An mille

À choisir, on pourrait imaginer que le 31 décembre 999 a été l’une des dates les plus flippantes de notre histoire. Et en fait non, pas vraiment. À l’époque, on a préparé des petits fours et on s’est déguisés avec des peaux de moutons avec beaucoup d'insouciance. Notamment parce que, comme l’explique l’historien Jean-Noël Lafargue “Peu de gens connaissaient la date à laquelle ils vivaient.” (“4, 3, 2, 1…. Attends René on est quel jour déjà ? Et pourquoi on fait le décompte ?). Sachez en tout cas que le débat reste entier entre historiens, qu’ils “débattent du sujet” mais qu’un “consensus tend à écarter l'idée d'une "grande peur de l'an mille". Les chroniques de l'époque font état d'un intérêt pour la question parmi les religieux, mais pas d'une panique et encore moins d'une panique générale.” Et bonne à toi mon René.

Isaac fait grise mine

Autant Isaac Newton a eu des éclairs de génie qui nous ont tous et toutes fait plancher sur la loi universelle de la gravitation au collège et au lycée, autant parfois le bougre nous a un peu déçus. Notamment un jour où après avoir mal digéré son déjeuner (sources : j’ai oublié), Isaac a déclaré sans trembler que notre monde s’éteindrait pour 2060. On a d’abord envie de s’arrêter un instant sur ses mots mais rapidement on se dit que sur ce coup-là il a peut-être un peu bâclé sa démonstration. Haaretz explique en effet que “Pour calculer la fin des temps, Newton se base sur la date du sacre de Charlemagne en tant qu’empereur romain, en 800 ap. JC et sur des informations recueillies dans le livre de Daniel, qui selon lui prévoyait la fin du monde 1260 ans plus tard, soit en 2060.”. Bon. Va dormir un peu Isaac, on veut un petit garçon en pleine forme demain.

Sacré Malachie

La prophétie de Saint Malachie ça vous dit quelque chose ? Ce texte ésotérique a d’abord été attribué à Malachie d'Armagh (1094-1148), évêque d'Irlande et puis en fait non. Mais gardons cette version, ça sonne bien Malachie. Selon sa prophétie à lui donc, l’arrivée du 112e pape coïnciderait avec la fin du monde. Benoît XVI était le 111e et c’est donc tout naturellement que le 13 mars 2013, François (qui correspond donc au dernier pape dans la prophétie, juste avant la fin des temps) a retenu sa respiration en attendant que ça pète. Et ça n’a pas pété. AMEN !

On va s’aimer (et mourir) sous les étoiles en 1910

La science devient alors meilleure amie et meilleure ennemie de nos époques modernes guettant les possibilités d’une fin brutale. “Don’t Look Up” a fait un tabac il y a quelques années mais ses créateurs n’ont rien inventé. En mai 1910, des gens en blouse blanche, astronomes, prévoient que la Terre est sur la trajectoire de la queue de poussière de la comète de Halley. Et c’est là que le bât blesse : cette queue pourrait contenir du cyanogène, un gaz toxique qui dans la nuit du 18 au 19 mai 1910 provoque des paniques et une intoxication généralisée. Eugen Weber nous décrit cela dans son livre Apocalypses et Millénarismes et c’est à la fois délicieux et glaçant : “La comète suscita des angoisses qui s’exacerbèrent jusqu’à la panique. Certains continuaient en effet d’y voir un présage des plus funestes. À Londres, le général William Booth, de l’Armée du Salut, qui s’attendait à la fin de toutes choses, prédisait la destruction par l’eau et le feu. (...) Dans le monde entier, prières et panique allèrent de pair: les églises se remplirent, les mineurs refusèrent de descendre dans les puits, les femmes obturèrent portes et fenêtres, pour empêcher le gaz mortel de rentrer dans les maisons.”

1986 : une presque fin du monde

Le lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le traumatisme d’Hiroshima et de Nagasaki ont beaucoup fait pour accroître l’angoisse, légitime, que Sapiens s’auto-détruise. C’est le 26 avril 1986 à 1 h 23 min 45 s que le sentiment de vivre pour de bon la fin du monde nous a traversé. Un accident nucléaire majeur éclatait dans le réacteur no 4 de la centrale nucléaire V.I. Lénine de Tchernobyl. Aujourd’hui encore les séquelles sont là et la peur d’une bis repetita est particulièrement présente en France où le nucléaire représente le pilier de notre énergie électrique.

11 août 1999 : un slip en dentelles pour notre dernier jour de vie

Paco Rabanne, le couturier, ça vous dit quelque chose ? Et bien sachez qu’outre des vêtements, le garçon a aussi cousu l’une des plus belles annonces d’apocalypse de la fin du XXème siècle. Selon lui, ses visions et les prophéties de Nostradamus, l'éclipse totale de soleil du 11 août 1999 serait à l’origine de l’écrasement de la station spatiale Mir sur Paris, la rayer de la carte et aussi dans le Gers (pourquoi tant de violence Paco ? C’est très bien le Gers, non ?). Rendons à Paco, ce qui est Paco : “Je n'ai su exactement ce qui allait causer la catastrophe qu'il y a deux ans, lors d'une conversation avec un chercheur en aéronautique du CNRS. C'est lui qui m'a mis sur la voie de Mir, ensuite j'en ai eu la confirmation chez Nostradamus.”

Pas de connerie en Suisse hein ?

Nous sommes en 2008, à la frontière franco-suisse, près de Genève. Cette année, le Cern, plus grand centre de physique des particules du monde, célèbre l’inauguration du Grand collisionneur d’hadrons (LHC). Et vous savez quoi ? Ce truc fait jaser. Voire il fait peur. Pour certains et certaines, et malgré les publications rassurantes du Cern, cet accélérateur de particules pourrait provoquer la fin de notre bas monde en provoquant un trou noir planétaire (un petit suffira pour nous gober en entier).

Mais a priori, à part le Boson de Higgs, rien d’anormal n’a été observé là-bas.

Le 21 décembre 2012

Ca, vous vous en rappelez comme si c’était hier non ? Les prédictions de grande apocalypse pour le 21 décembre 2012 ou 12 décembre (parce que ça fait 12.12.12) ont pullulé à l’époque notamment parce que cette date marquait la fin des 5 125 années d'un cycle du compte long du calendrier maya. Et là encore on s’en est tirés. C’est fou.

2029, cette fois c’est la bonne

Et en fait non ! Toujours pas. Les scientifiques ont récemment craint que l’astéroïde géant Apophis puisse percuter la Terre en 2029. Et puis ils ont pris leur petite calculatrice et tout le monde a soufflé, même le stagiaire qui n’en foutait pas une à la machine à café. Apophis (un blaz qui avait pourtant de la gueule) a été confirmé sans risque de déviation vers la planète Terre, l’étude a été publiée le vendredi 1er mars 2024. Notons tout de même que le coquin passe à moins de 40 000 kilomètres de nous : pas d’impact donc, juste nos cheveux qui seront peut-être brossés dans le sens du poil.

On arrête les conneries ?

Fallait-il terminer cet article (qui vous a plié en deux plus d’une fois, n’est-ce pas ?) par quelques mots moins légers ? Oui, quand même. La fin du monde annoncée par nos climatologues est d’un tout autre ordre désormais. Ce n’est pas la fin “de la planète” mais la possible fin des conditions vivables sur cette Terre pour nous autres les petits humains. Cette fois, il n’y aura pas de boulette de Newton, pas de couturier excentrique pour se tromper, juste nos petites épaules pour éviter la (vraie) fin de plus en plus annoncée. Désolé de casser l’ambiance. Ou plutôt merci de la protéger cette ambiance, qu’elle reste joyeuse pour encore longtemps.

SOURCES :

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