Le cycle du plastique pour celles et ceux qui ont séché les cours de SVT

Le cycle du plastique pour celles et ceux qui ont séché les cours de SVT

Vous connaissiez le cycle de l'eau. Voici le cycle du plastique, raconté à travers l'emballage d'un flan. C'est moins rafraîchissant, mais tout aussi édifiant.
13 April 2026
5 minutes de lecture

La masse de plastique que l’on produit dépasse la masse totale des mammifères que nous sommes. C’est fou. Vous connaissiez le cycle de l'eau, eh bien pour le plastique c'est pareil, enfin pas vraiment mais c'est tout aussi passionnant. Dire “le plastique” d’ailleurs, ça n’a pas beaucoup de sens quand on pense qu’il en existe 65 000 types différents dans notre bas monde, tous avec des propriétés différentes et donc forcément des cycles de vie qui varient eux aussi. Mais tentons une approche générique de tout cela, avec l’exemple de l’emballage d’une part de flan pour laquelle vous venez de craquer. On ne vous en veut pas, sachez-le, c’est délicieux le flan. Mais cet emballage, lui, n’est pas délicieux. D’où vient-il ? Comment ça commence, comment ça circule, comment ça meurt (ou pas !) ? Bon voyage. 

L’origine du monde plastique : phase de production des matières premières

Une boîte de plastique transparente, donc. L’habitat provisoire du divin flan (quoique s’il est sous plastique, sera-t-il réellement divin ? Tout flan ne l’est-il pas, divin ? On s’égare déjà). Au commencement de la boite, il y a ce à cause de quoi notre monde se déchire aujourd’hui, l’or noir, il y a des hydrocarbures. Votre petit flan est protégé par ce qui était au tout début une matière première vierge. La première étape du cycle de vie plastique, c’est donc cela, un temps d’exploration géologique, puis bingo-j’ai-trouvé, puis un profond forage… et le tour est joué, l’extraction des hydrocarbures peut commencer. 

Vient une phase techniquement lourde durant laquelle pétrole et gaz sont transformés en résines. Comprenez bien que votre flan, à l’innocence vanillée, hérite de procédés de polymérisation, de multiples traitements thermiques permettant d’aboutir à différentes formes de résines. Au doux nom de PAT. Vous ne connaissez pas. PP ? Non plus ? PEHD, PS ? On n’insiste pas. 

Et parfois, tout va pour le mieux dans le moins pire des mondes. Parce que cette matière première provient parfois de plastique collecté puis recyclé, qui sera transformé en granulés recyclés. On dit bien “parfois” parce que ça reste très largement minoritaire. Les volumes de collecte pour recycler sont aujourd’hui insuffisants pour répondre aux besoins d’industriels très gourmands (gourmandise à la hauteur de celle du consommateur… la nôtre donc). Ou encore de matières alternatives biosourcées, compostables ou non. 

Finissons ce premier chapitre en faisant la différence entre le plastique pétro-sourcé, celui qu’on vient de décrire et le plastique bio-sourcé qui contient, lui, un pourcentage d’atomes issus d’une ressource renouvelable comme des végétaux type maïs, pomme de terre, canne à sucre. On y reviendra, rendez-vous en conclusion connue. 

A fond la forme : phase de fabrication de l'emballage plastique

A ce stade, la résine résultant d’une flaque de pétrole ne sera pas encore bien satisfaisante pour protéger les flancs délicats de votre flan nature. Parce que le flan nature, c’est le seul qui mérite l'appellation flan. 

A ce moment du cycle de vie, ce sont les informaticiens et ingénieurs qui montent sur scène. Un temps de modélisation (par exemple avec le logiciel CAO), 3D ou non, des simulations leur permettent de lancer les procédés de fabrication, en l’occurrence un moulage par injection, ou un truc mystérieux qu’on appelle l’extrusion. L’extrusion consiste, à partir de la fameuse résine, ou des granulés recyclés ou autre, à produire en continu des pièces de grande longueur. Dans ces procédés il y a aussi le thermoformage (une technique qui chauffe le matériau, le ramollit presque autant qu’un flan, puis lui donne une nouvelle forme) ou encore l’impression 3D.

Le plastique prend donc la forme d’une grande planche, plaque, d’un grand tuyau, barre qui vont être découpés, modelés, en la fameuse finale permettant à votre flan de se loger dans son nouveau logis. Notez que cette étape est soumise à de nombreuses normes et certifications, c’est notamment là que les industriels doivent se conformer aux réglementations environnementales, écologiques… si ces mots ont du sens pour un matériau dont les conséquences à venir seront tout sauf écologiques. 

Et l’emballage fut : phase de conditionnement des produits

Vous commencez à avoir faim, pas nous, donc on va continuer. Vous avez donc extrait votre matière première, l’avez transformée en résine puis lui avez donné une première forme qui elle même après avoir été modélisée est passée dans les cerveaux et machines d'ingénieurs jouant au lego. 

L’emballage plastique de votre flan est là. A ses côtés, d’autres circuits de fabrication, à partir de la même résine ou d’autres ont donné des barquettes, bouteilles, pots pour vos victuailles, des flacons pour la cosmétique, des bidons pour pour la chimie, pour les produits industriels, etc. 

Évidemment, votre flan, à ce stade, s’inquiète. Qu’en sera-t-il de ma petite carapace, des mes souvenirs, une fois qu’un humain aura décidé de m’avaler ? Le plastique est-il consigné ? Réutilisé ? 

Les solutions pour ne pas mettre fin à la vie d’un emballage sont encore timides. Parfois même la réutilisation, par l’usure du plastique, entraîne une pollution des eaux et environnements au microplastique… L’idéal ? Le vrac. Mais un flan en vrac, en dehors des boulangeries et de votre cuisine, c’est une utopie utopique. 

Lèche-vitrine : phase de distribution et mise sur le marché

Evidemment, l’histoire ne s’arrête pas là. Et le petit morceau de plastique rentre dans une chaîne folle où la logistique est millimétrée et intégrée à un balai incessant de gestion des chaînes d'approvisionnement, d’optimisation du transport, d’entreposage, de distribution (soit par vente au détail dans votre supermarché, soit en ligne si vous commandez sur fandeflan.com, etc). 

Puis vient la phase de consommation. On vous laisse profiter. Du flan, ne mangez pas le plastique, ça gâcherait tout. 

Et il est bon. Très bon. C’est bon ? 

Vient la suite, moins drôle, moins savoureuse. Si le réemploi ou la consigne ont été validés, tant mieux. Si l’usage est unique, alors direction le chapitre “Presque-happy end”.

Un faim en soi : fin de vie du plastique

Vous voilà repus. Pendant ce temps, votre emballage est parti au tri. Qui, lui, a été collecté en fin de journée. Pour filer enfin au centre de tri. 

Et commence alors, avec un peu de chance, le processus de recyclage. 

Même si à l’heure qu’il est, votre part de flan n’en a plus rien à faire de savoir ça, n’hésitez pas à lui rappeler qu’on peut distinguer deux types de recyclage, celui dit “traditionnel” et l’autre dit “chimique”. Dans le premier cas, le recyclage est mécanique, votre emballage de flan est broyé, lavé, réduit en ces fameux granulés. C’est avec le PET (vos bouteilles de plastique transparent, souvent) que ce processus est le plus abouti. Le recyclage chimique quant à lui ne se contente pas de tout écraser, il sépare les composants du plastique, attention c’est un peu technique, avec un solvant qui désosse le polymère. Cette sorte de ribambelle de petits éléments (les monomères) se retrouvent à nouveau solitaires, prêts à être rassemblés pour une nouvelle vie de plastique. 

D’autres cas enfin : 

  • Il y a le verre à moitié plein : quand la matière de base est biodégradable (le fameux “plastique bio-sourcé” dont on vous parlait au début de cet article), la fin du cycle de vie peut prendre la forme d’un compostage industriel ou fait-maison, d’une conversion en biogaz d’une incinération avec récupération d'énergie.
  • Et le verre à moitié vide : la décharge où à l’image des déchets nucléaires, “on pose” nos déchets, voire pire on les exporte (à 46% en Afrique) en faisant comme s’ils n’existaient plus. Et il y aussi l’incinération tout court, celle qui crame ⅓ des ordures ménagères dans le pays, soit 12 millions de tonnes par an envolées dans l’atmosphère…

La vie de ma mer (sans plastique)

Devinette : combien de tonnes de déchets plastiques se retrouvent dans l’océan. Une paille ? Plutôt des milliards. À l’échelle de la planète, on estime que la quantité de plastique dans la grande bleue est comprise entre 75 à 199 millions de tonnes. Gloups.

Non seulement, tout ce petit monde aux relents de pétrole asphyxie la faune et la flore marine mais en plus s’échoue sur nos plages. On fait quoi ? On dit non au plastique et oui à l’océan préservé ? Suivez-nous.

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