Top 10 des phrases qu’on ne veut pas entendre à la rentrée

Top 10 des phrases qu’on ne veut pas entendre à la rentrée

Vous voilà arrivé au bout d’un long mois de pause estivale et il est maintenant temps de retrouver le monde réel. Joie en perspective.
18 August 2023
par Vianney Louvet
5 minutes de lecture

La peau couleur saucisse de Strasbourg, les mollets raffermis par deux semaines de rando dans la Massif Central, la main droite encore pansée après avoir tenté de construire une cabane dans les arbres pour vos nièces, vous voilà arrivé au bout d’un long mois de pause estivale et il est maintenant temps de retrouver le monde réel. Et les gens qui l’habitent. Et les discussions qu’ils vous préparent amoureusement. Joie en perspective.  

Top 1 : “C’était bien tes vacances ?”

Il est là devant vous. Xavier Praillard, 32 ans, le sourire plaqué aux lèvres, la chemise impeccablement repassée, 2 boutons audacieusement défaits. Xavier travaille avec l’équipe commerciale et est arrivé il y a 2 mois dans l’entreprise. Il est donc le seul à ne pas avoir pris de congés cet été. En ce lundi matin, Xavier est surexcité. Après 2 mois seul dans l’open space à discuter avec sa tasse de café, il va retrouver la chaleur de ses collègues, la joie de l’échange, du pair-à-pair stimulant…  Xavier est devant vous. Son envie de discuter est abyssale, la vôtre, nulle. 

Non, Xavier, je te vois venir. Je n’ai aucune envie de te raconter mes vacances à Poitiers. Ni mon road trip avec mon copain. Mon ex-copain. Non, Xavier, je ne répondrai pas à ta question honnêtement. 

- “Oui, c’était bien. Bonne journée Xavier”. 

Top 2 : “Vous avez eu beau temps ?”

C’est arrivé beaucoup plus vite que prévu. Pendant vos vacances vous avez touché aux profondeurs de l’existence, à la beauté de moments simples qui vous ont amené des flots de sens et des révélations que vous attendiez depuis si longtemps… Et là, après 31 secondes de repas avec les collègues, c’est Bérénice qui vous a coincé. Vous pensiez pouvoir élever le débat et prolonger l’air vivifiant de vos vacances à travers des débats endiablés mais…

-“C’était bien oui. Enfin parfois il faisait un peu frais. J’ai même enfilé une polaire un soir, c’est te dire Bérénice”. 

Top 3 : “J’ai attrapé une bonne crève”

Votre moral était plutôt bon au début de cette réunion d’équipe du lundi. Oui les vacances sont finies mais vous conservez en vous la fraîcheur d’une salade de tomates-feta dégustée sur une terrasse face au soleil couchant. Votre moral était plutôt bon. Et puis vous avez croisé son regard. Son regard d’abeille intoxiquée aux néonicotinoïdes. Son regard qui en quelques secondes transforme toute forme d’entrain en mélancolie gluante. Denis a le nez rougi et et la voix rauque. “Sa belle-soeur lui a filé un sale truc”. Vous avez un geste de recul infiniment discret. Pourquoi les gens malades ne restent pas au lit ? Comment peuvent-ils croire qu’en annonçant leur virus haut et fort ils feront naître l’empathie ? Personne ne te trouve touchant, Denis. Personne. 

Votre bonne humeur a filé au fin fond du plat de tomates-feta, très loin. 

Top 4 : “Bonne reprise :)”

Vous avez reçu ce sms lundi, à 7h32. C’est Max, votre pote qui vous l’a envoyé. Sur le papier, c’est une attention adorable. En réalité, c’est un coup de poignard savamment préparé. Max, c’est le type qui commence ses vacances le 4 septembre, au moment où tout le monde rentre de vacances. Pendant tout le mois d’août, il a attendu ce moment. Vous savez qu’il a mis un réveil pour le premier jour de ses vacances, juste pour vous envoyer ce message. Ce message laconique qui tient en deux mots et un smiley est en fait la version courte de : “Bonne reprise dans une ambiance pesante et dans la grisaille de ton intérieur, de mon côté, les cigales ont ce matin décidé d’accompagner mon réveil avec douceur, ahaha c’est super de vivre”. 

-“Merci beaucoup Max pour cette douce pensée. Va chier ^^”

Top 5 :  “France inter, il est 8h00”

Il y a un truc que vous aviez oublié pendant les vacances. Les actus. L’enfilade frénétique des nouvelles au son d’un jingle Les mots terriblement habituels comme “guerre en Ukraine”, “crise climatique” ou “scandale sanitaire”. Ce matin, Nicolas Demorand et sa voix nasillarde vous font l’effet d’un lumbago : c’est douloureux et ça vous plonge dans une paralysie complètement subie. 

-“L’invité de la matinale est ministre de l’intérieur, Géral…” clic. 

Top 6 :  “La douche s’est à nouveau bouchée”

Ludo. Mon bon Ludo. Nous sommes en colocation depuis maintenant 8 longues années. Et il faut que je te dise : je ne crois pas que la douche SE SOIT bouchée toute seule. Elle n’est dotée d’aucun libre arbitre, tu sais. Si la douche est bouchée à la fin de l’été, c’est qu’il y a ici un être vivant qui a agi en ce sens. Je n’étais pas là cet été. Il y avait donc dans sous ce toit 3 êtres vivants : toi, Marie Curie (notre chatte) et la plante. Comment ? Ah. Bon, donc il y avait toi et Marie Curie. Ludo ? Qu’en penses-tu ?

Évacuation de Rhodes. Photo STRINGER / Eurokinissi / AFP

Top 7 : “On a tellement eu la poisse en choisissant la Grèce”

Mehdi et Gaëlle sont face à vous, consternés. Les feux en Grèce ont gâché leur été. Saleté de feux. Mais pourquoi eux, pourquoi cette malchance ? Le monde est d’une injustice folle. 

Vous vous goinfrez de houmous de malaise. Puis retenez la mitraillette de àvotreavispourquoi qui nait en vous : à votre avis les amis, pourquoi il y a eu des feux ? À votre avis, pourquoi les arbres crament aussi facilement ? À votre avis, pourquoi je m’agrippe à votre fauteuil en cuir en tremblant ? 

Top 8 : “AVIS DE CONTRAVENTION”

“Le véhicule dont le certificat d’immatriculation est établi à votre nom a fait l’objet d’un contrôle ayant permis de constater l’infraction figurant ci-dessous”. Déposé délicatement sur la table du salon, ce courrier vous projette dans ce trajet Marseille-Lyon durant lequel, Gaël Faye crachant sa poésie dans l’enceinte Bose, vous vous êtes UN PETIT PEU emballé. 

-"Bonjour, merci pour votre proposition mais je préfère garder mon argent pour m’offrir un flan cet après-midi. Bien à vous". 

Top 9 : “T’as vachement bronzé dis-donc”

Pas vous, hein. La remarque s’adressait à Nico, juste à côté. Ce beau gosse d’1m93, visage noir solaire, dents blanches lumineuses. Vous, c’est une autre histoire. Vous avez rougi, puis pelé, puis rougi, puis pelé, puis vous êtes resté sous votre couette. Le niveau de bronzage est devenu une sorte de PIB des vacances, un tableau de chasse au bonheur public. Et du coup lorsqu’on regarde le teint clairement clair de votre peau, on sent en soi une grande pitié monter. 

-"J’imagine que tu as passé tes vacances à Dunkerque ? Je suis désolé, je ne savais pas."

Top 10 : “Cette année, je sens qu’on va le sauver ce monde”


Ah si, si, cette phrase on veut bien l’entendre. Dites-la pour voir ?  


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