Le football joue t-il toujours collectif ?

Le football joue t-il toujours collectif ?

Renouer avec les qualités sociales, culturelles et collectives du football
30 November 2016
par makesense
2 minutes de lecture

Le collectif Tatane, mouvement populaire pour un football durable et joyeux, propose un discours différent de celui proposé par les médias sur le plus célèbre sport du monde. Et si nous avions oublié ce qu’était le ballon rond, à savoir un simple jeu et un formidable créateur de lien social ? Avant la toute première MKS Room dédiée au foot ce jeudi 1er décembre, le collectif prend la parole dans une tribune.

C’est une certitude pour la plupart de ses détracteurs : le football ne correspond uniquement qu’à « taper dans un ballon »; pour d’autres « il faut vraiment être stupide pour y jouer ». Sauf qu’assurément, le football est utile. Utile à ceux qui le regardent, ceux qui le pratiquent et ceux qui en vivent. Car le football est de plus en plus influent, peut-être à tort. Et si les sommes affolantes qui circulent sur son marché des transferts pouvaient permettre d’être redistribué à la société dans laquelle il prospère ? Le football est un lien social, souvent monté en épingle de manière caricaturale : « ascenseur social », « modèle d’intégration , ou « antichambre de l’Education nationale permettant de transmettre des valeurs » sont des définitions aussi ridicules que son rejet total. Certes, au Brésil, où il est une religion, le football a servi de moyen d’émancipation pour les minorités noires vis à vis de la domination blanche, les Noirs refusant de donner la balle aux Blancs; ainsi sont nés les dribbles dans le football.

Mais aujourd’hui, comment ne pas se sentir gêné par les mesures sociétales proposées par le football professionnel, vu l’argent qu’il charrie et les controverses auxquelles il faut face ? Comment comprendre avec simplicité la proposition d’emmener de manière un peu forcée, sans réciprocité, comme à Lens, les supporters dans un Louvre-Lens à la programmation pointue ? Comment apprécier le fait que le Paris-Saint-Germain communique sur le don effectué par le club à des associations d’accueil de réfugiés ? Que la Fondation de l’OGC Nice a créé le programme « Gym solidaire » pour offrir des repas et l’accès à des matchs du club à des personnes sans domicile fixe ? Que l’Olympique Lyonnais s’engage notamment dans la lutte contre le cancer avec le Centre Léon Bernard en reversant à cet institut 1000€ à chaque but marqué par l’équipe en Ligue 1 ?

Un autre football est possible

Il faut revenir à l’essentiel. Un lieu, des gens, des envies communes. Le stade est cette place populaire moderne où l’idée n’est pas que de vendre des produits dérivés: à Buenos Aires, le stade de Boca Junior offre aux socios la possibilité d’utiliser ses installations sportives et médicales. Idem pour le stade de Freiburg en Allemagne, qui permet aux habitants des quartiers alentour de bénéficier de la revente de l’électricité produite par le stade et ses panneaux photovoltaïques.

Le football est devenu un marché, un secteur financier a part entière. Au niveau national, le Centre de droit et d’économie du sport a pu estimer l’impact envisagé de l’organisation de l’EURO 2016 en France: 20 000 emplois créés dans le cadre de la construction des stades et 26 000 autres pendant la compétition, sans parler de l’accès à cette fête populaire à 20 000 enfants. Dans quel but ? Être utile, ou du moins rapprocher le plus possible ce sport du fait social total qu’il tend à devenir. Une réalité que le football amateur et le football professionnel essayent de conjuguer au présent, sans peur d’être ridicules.


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