Alors que la majorité des établissements ont mis en place des dispositifs de valorisation de l’engagement étudiant, le défi est désormais de dépasser la logique de validation pour faire de l’engagement un véritable moteur de transformation individuelle et collective. Chiche ?
Les crédits ECTS pour l’engagement étudiant, c’est un peu la victoire qu’on attendait, mais c’est loin d’être la fin du jeu. En 2025, 95% des Grandes écoles ont désormais un dispositif de reconnaissance de l’engagement étudiant selon l’Enquête 2025 sur la valorisation de l’engagement). Un chiffre encourageant, qui prouve que la reconnaissance de l'engagement se fait de plus en plus une place dans les parcours académiques. Mais, soyons honnêtes, cette victoire est partielle. Car si ces crédits peuvent inciter à l’engagement, la véritable question reste : comment faire en sorte que cet engagement ne se transforme pas juste en une formalité administrative, mais en un levier de transformation sociale ? Comment faire en sorte que les jeunes ne participent pas à des actions pour "le grade", mais pour changer le monde ?
Comme le dit Taylor Swift : "Only the young can run." Et ce n’est pas juste un clin d’œil à l’énergie juvénile. C’est un appel à l’action. Les jeunes sont ceux qui doivent porter le changement, mais pas dans une course de vitesse, plutôt dans un marathon où la plus grande difficulté est de ne pas s’épuiser avant la ligne d’arrivée. Dans cet exercice, il est crucial que les étudiant·es se sentent entouré·es et sachent où aller.
Ça commence toujours par une première fois
Chez makesense, nous avons une conviction : l’action est le moteur de toutes les (r)évolutions. C’est en faisant que l’on comprend les enjeux du monde, que l’on entame sa transition écologique et sociale, que l’on prend sa place dans la société et que l’on ne revient (presque) jamais en arrière. Engagé·e un jour, engagé·e toujours ! Porté·es par cet élan, nous mettons tout en œuvre pour faciliter un premier pas, puis deux, puis mille, chez les citoyen·nes, les salarié·es, les étudiant·es... C’est dans cet esprit que nous avons organisé des Journées à Impact avec emlyon business school pour leurs 3000 étudiant·es entre Lyon et Paris. L’objectif ? Rendre l’engagement non seulement accessible mais fun et collectif.
Lors de ces journées, les étudiant·es participent à des missions ludiques au contact d’associations locales : trier des vêtements pour Kabubu, récolter des produits menstruels pour Règles Élémentaires, ou jouer à un Time’s Up de l’entrepreneuriat social pour découvrir des recruteurs traitant des enjeux de santé. Ces journées ne visent pas seulement à mobiliser les plus engagés, elles permettent de sensibiliser et d'ouvrir l’engagement à ceux qui, autrement, ne se seraient jamais sentis concernés par ces actions.
Être au contact direct de ces associations permet également aux étudiant·es de s’inspirer de celles et ceux qu’ils et elles aimeraient devenir demain. De se rassurer sur l’avenir et de voir qu’il est possible de concilier carrière et impact social.
L’engagement dernier cri
Parmi les ingrédients de la mobilisation de la jeunesse, un challenge : rendre l’engagement aussi cool que les soirées BDE. En tant qu’encadrant·es, notre rôle est de créer des espaces où l’engagement devient une expérience attrayante et motivante. La gamification est une première brique de ce processus. Les ligues Ma Petite Planète proposent des défis écologiques en ligne, permettant aux participant·es de s’engager tout en s’amusant. C’est l’occasion de jouer, de faire des actions concrètes, et de se sentir acteur d’un changement…
Mais si on veut vraiment faire bouger les lignes, on peut s’inspirer d’acteurs comme. RockCorps qui a trouvé la formule magique suivante : bénévolat + musique = énergie pure. Les participant·es donnent 4 heures de leur temps pour des projets communautaires, et en échange, ils assistent à des concerts exclusifs. Résultat ? Plus de 200 000 bénévoles mobilisé·es à travers le monde. Qui aurait cru qu’on pouvait rendre l’engagement aussi excitant qu’un concert de Lady Gaga ?
Chez makesense, nous misons sur le vrai, sur le lien, sur l’engagement IRL – In Real Life. Exit les challenges virtuels : on veut des rencontres réelles, du fun et du concret. Nos programmes luttent contre l'overdose numérique en permettant de sortir de l’écran et en vivant l’engagement sur le terrain. En collaborant avec les acteurs locaux, on ancre les établissements du supérieur dans leur paysage local pour créer des projets solides, concrets et solidaires.
“Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités”, disait l’oncle de Peter Parker. Et cette responsabilité est pour nous de rendre l’engagement excitant, accessible et durable. En combinant plaisir et impact, on peut non seulement attirer les jeunes mais surtout, les garder engagés car c’est là qu’ils auront construit leurs amitiés, trouvé une place dans la cité et découvert la fierté de jouer collectif. Et ça, même quand vous avez 50 ans, ça ne vous lâche jamais.
Nourrir leurs croyances : ils·elles peuvent changer des choses
Quand on leur dit « vous pouvez changer le monde », beaucoup de jeunes ont du mal à y croire. Les Journées à Impact à emlyon business school sont un parfait exemple de comment nourrir cette croyance. Quand les étudiant·es participent à des missions concrètes, ils voient immédiatement l'impact de leurs actions :
- 60 000 mégots ramassés et recyclés grâce à Cy-Clope,
- 136 maraudes sociales organisées,
- 2137 lettres écrites pour des personnes âgées isolées avec 1 lettre 1 sourire,
- 4000 produits périodiques récoltés pour le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri et Règles Élémentaires.
