Qui veut une bonne nouvelle, qui ? Alors qu’on a l’impression que le monde s’effondre, des nouvelles réjouissantes fleurissent ici et là. On vous prépare un beau bouquet ?
La France réduit enfin le cadmium autorisé dans les engrais
Sept ans. C'est le temps qu'il aura fallu pour que l'État écoute les alertes sur le cadmium, un métal lourd cancérogène qui s'accumule dans les sols via les engrais phosphatés, puis dans nos assiettes et dans nos corps et qui avait pourtant été épinglé par l'Anses dès 2019. Après une mobilisation citoyenne massive, l’état a dû trancher : à partir du 1er janvier 2027, les engrais phosphatés ne pourront plus dépasser 60 mg de cadmium par kilo de phosphore, contre 90 aujourd'hui. Et le gouvernement promet d'aller plus loin, avec 40 mg en 2028 puis 20 mg en 2030.
Bon, avec ce premier palier, la France ne fait que rattraper le seuil européen, alors que la Finlande et la Hongrie appliquent déjà 20 mg depuis 2021. Mais on avance, on avance…
Source : Vert
Le thon rouge est de retour dans les eaux britanniques
Victime de la surpêche dans les années 1960, le thon rouge de l'Atlantique avait quasiment déserté les eaux britanniques. Il y a vingt ans, les stocks européens étaient même au bord de l'effondrement, jusqu'à ce que des contrôles drastiques fassent passer les captures d'environ 60 000 tonnes à 10 000 tonnes en 2007. Et ça a marché. Dès 2021, l'espèce a quitté la liste rouge des espèces en danger de l'UICN pour être classée « préoccupation mineure ». Cet été, le thon rouge a même (re)colonisé les eaux du nord-est de l'Angleterre, pour la première fois depuis 60 ans. Et c’est d’ailleurs une excellente nouvelle pour tout l'océan, le thon rouge étant un poisson exigeant, il ne s'installe que là où les écosystèmes sont en bonne santé.
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À Aix-en-Provence, on éteint les lampadaires pour protéger la faune nocturne
Aix-en-Provence expérimente une « trame noire » : un réseau de zones où l'éclairage public est réduit, voire coupé, pour laisser la faune nocturne circuler tranquillement. Car oui, les lampadaires qui éclairent nos vies font aussi de vrais dégâts dans celle de nos animaux : les insectes tournent autour jusqu'à l'épuisement, les oiseaux migrateurs, qui se repèrent grâce aux étoiles, perdent le nord, et les chauves-souris fuient ces zones éclairées, tout en voyant fondre leur garde-manger d'insectes. La ville cible en priorité les abords de ses deux cours d'eau, la Torse et l'Arc, avec extinction la nuit, détecteurs de mouvement, LED à lumière chaude ou faisceaux mieux orientés. Et tant mieux : 17 espèces de chauves-souris ont par exemple été repérées, dont le Murin de Daubenton, particulièrement allergique à la lumière. Sept nouveaux sites sont déjà envisagés.
Source : La Relève et la Peste, LPO
Bristol, première ville britannique à bannir les pubs pour la fast fashion
Fini les soldes à -70 % placardés sur les abribus ! Bristol a voté l'interdiction des publicités pour la fast fashion sur tous les panneaux et arrêts de bus gérés par la ville, une première au Royaume-Uni. Et elle ne s'arrête pas là : disparaissent aussi les pubs pour les voitures essence, diesel et hybrides, tous les SUV (même électriques), les vols, les aéroports, les croisières et les compagnies pétrolières… Bristol n'est pas seule : plus de 50 villes dans le monde, pour la plupart européennes, ont restreint ou prévoient de restreindre les pubs pour les énergies fossiles, comme Amsterdam, Stockholm ou Florence. Bristol, elle, avait déjà restreint les pubs pour la malbouffe en 2021, et vise maintenant l'alimentation non durable. Bref, Paris, si tu nous lis…
Source : The Guardian
Canicule : New York plante à fond dans les quartiers populaires
Sommes-nous toutes et tous égaux face aux canicules qui frappent nos villes ? Non, et le maire de New York l'a bien compris. En un an, la ville a planté 18 261 arbres, du jamais vu depuis 2016, et la majorité dans les quartiers les plus exposés aux vagues de chaleur : Bronx, Brooklyn, Harlem, Queens… Pour Zohran Mamdani, l'accès à l'ombre et à la fraîcheur ne devrait pas dépendre du code postal (et on est bien d’accord là-dessus). Objectif final : que 30 % de la ville soit à l'ombre des arbres d'ici 2040. Paris, si tu nous lis (encore)…
Source : Mairie de New York
Le bio reprend des couleurs en France
Après plusieurs années de vaches maigres, le bio relève la tête. Au premier semestre 2026, les ventes ont grimpé de 4,8 % toutes filières confondues, avec +9,3 % dans les magasins spécialisés et +2 % en grande surface, selon l'Agence bio. Et côté champs, ça repart aussi : entre janvier et août, les installations en bio ont bondi de 14 % et les arrêts d'activité ont reculé de 13 %, soit 687 fermes de plus. Une vraie bouffée d'air et la preuve que quand on achète bio, les agriculteur·ices suivent.
Mais ne nous emballons pas : l'été catastrophique a fait souffrir les maraîcher·es, avec parfois la moitié de leur chiffre d'affaires envolée. Le président de l'Agence bio parle lui-même d'un balbutiement plutôt que d'une euphorie. Raison de plus pour remplir nos paniers.
Source : Vert
À lire sur le même sujet → Portrait d'un agriculteur au sortir de l'été
Bye bye polyester, les fibres naturelles font leur retour
Le polyester, ce plastique issu de la pétrochimie (de la même famille que celui de nos bouteilles d'eau), n'a plus la cote. Sur les réseaux sociaux, la matière est devenue la cible de toutes les critiques, et de plus en plus de gens se tournent vers le coton, le lin ou la laine. En cause ? Des inquiétudes pour la santé (coucou les perturbateurs endocriniens), des étés de plus en plus caniculaires (qui a déjà porté une chemise synthétique par 35 °C sait) et une overdose de fringues bas de gamme qui boulochent ou se déforment au bout de quelques lavages. De quoi pousser toutes les générations à lire enfin les étiquettes.
Petit bémol néanmoins : une fibre naturelle n'est pas magique pour autant. Le coton est très gourmand en eau par exemple et pas la peine non plus de vous ruer sur les prochains articles en lin dans votre Monoprix de quartier… Le vêtement le plus écolo restera toujours celui de seconde main et/ou celui qu’on a déjà (inutile d’accumuler). À bon entendeur !
Source : Business of Fashion, FashionNetwork
L'Allemagne veut tourner la page des énergies fossiles
Présentée le 23 septembre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, la feuille de route allemande prévoit de sortir du charbon, du pétrole et du gaz d'ici 2045. Le pays va ainsi plus loin que les promesses précédentes, qui ne parlaient que de « neutralité carbone ». Au programme, cette fois : 80 % d'électricité renouvelable dès 2030 (contre 55 % aujourd'hui) et une sortie du charbon en 2038 au plus tard. L'Allemagne devient ainsi le troisième pays à présenter un plan concret, après la France et les Pays-Bas, pour honorer l'engagement pris par près de 200 pays à la COP28.
Sources : DW & Climate Home News
À Barcelone, des routes aux noyaux d'olives pour rafraîchir la ville et piéger le CO₂
On savait que l'apéro était bon pour le moral, on ne savait pas qu'il pouvait l'être pour le climat. Barcelone teste de nouvelles routes contenant du biochar, un charbon végétal fabriqué à partir de noyaux d'olives provenant des déchets de l'industrie de l'huile d'olive. L’objectif est double : d'un côté, au lieu de relâcher du CO₂ en pourrissant ou en brûlant, ces déchets restent piégés dans la route pendant des décennies, ce qui réduit de 75 % l'empreinte carbone par rapport aux routes classiques. De l'autre, selon ses concepteur·rices, le biochar rend les chaussées moins brûlantes l'été, et aide ainsi à lutter contre les îlots de chaleur, ces quartiers bétonnés où l'on étouffe pendant les canicules. On signe où ?
Source : La Relève et la Peste
À lire sur le même sujet → Îlots de chaleur et de fraîcheur en ville, l’article pour choisir son camp
Enfin une bonne nouvelle !
Finally something good, voilà le titre de la nouvelle exposition de la Gaîté Lyrique pour regarder le monde du côté de ce qui avance. 13 ans après The Happy Show, Stefan Sagmeister, le designer culte des pochettes de Lou Reed, des Rolling Stones, Jay-Z et revient avec une exposition pensée comme « un antidote au vieil adage "c'était mieux avant" ». Chiffres à l'appui, il démontre que l'humanité avance plus qu'on ne le croit, et que mesurer ce chemin parcouru, sans nier les combats du présent, c'est déjà changer de regard.