La balle est dans le camp de l’intergé ! Des compétitions de handball ou de football jusqu’au cours de yoga-boxe, le sport qui mélange les générations est toujours gage d’unisson. La preuve en 3 initiatives.
Hand à tout âge, passe décisive pour une retraite sportive
Les joueurs arrivent en covoiturage, sacs de sport et valises de nuit à la main. Ce week-end, c’est tournoi. Ils se répartissent dans les chambres avant de se retrouver sur le terrain pour l’entraînement. Le handball français fera trembler les murs de la maison du sport à Créteil en ce mois d’octobre 2022.
Mais ce handball est loin d’être traditionnel. Les matchs se disputeront à 4 contre 4 (au lieu de 7) et les athlètes ont parfois quelques cheveux blancs en plus que ceux qu’on a l’habitude de voir à la télévision. Les neutralisations et les contacts sont interdits, le ballon est plus petit et les équipes sont mixtes, en genre et en génération. L’organisatrice de ce tournoi inédit ? L’association Hand à tout âge, une fédération de handball dédiée aux plus de 50 ans et à tous les amateurs d’une pratique sportive adaptée à leur mobilité.
Ce sont Christian Carrega, Directeur Général de Préfon, Eric Guillaume, Président de Virage-Viager et Benjamin Zimmer, Directeur Délégué Associé de la Silver Alliance, tous trois actifs dans le milieu du bien vieillir, qui ont posé les premières briques de ce projet intergénérationnel. Leur but : prévenir le vieillissement en proposant une activité sportive adaptée à toutes les mobilités. Les trois hommes sont rapidement rejoints par Philippe Bana, président de la Fédération Française de handball, qui propose de prêter les terrains et les installations. Le succès du premier tournoi à Créteil, qui réunit 180 personnes de 60 à 75 ans, marque le coup d’envoi de l’asso.
Le club de sport aux Karabatic seniors
Depuis, Hand à tout âge a étendu son modèle dans toute la France. Grâce aux frais d’adhésion, l’association a pu recruter plusieurs alternant·es et s’occupe de prévoir les tournois. Quant aux matchs, ils sont organisés via des boucles whatsapp gérées par des bénévoles passionnés. Les anciens joueurs retrouvent leur sport de prédilection. Les seniors retrouvent énergie, santé et joie de vivre ensemble.
Les équipes, au départ uniquement constituées de retraités, s’ouvrent désormais à un public plus large, qui permet de brasser les générations et entretenir le lien social. “Il y a des gens qui viennent de partout et qui ne se connaissent pas, leur seul point commun, c’est la pratique du sport. Avant les matchs, ils se présentent et à la fin, ils sont amis. Il y a un vrai apport relationnel,” raconte Eric Guillaume, qui rappelle que l’isolement des seniors est aussi un facteur de risque. C’est une véritable communauté qui se met en place et permet aux générations de briser la glace.
Grâce au soutien de l’Assurance Retraite Île-de-France, Hand à tout âge prévoit de s’implanter davantage dans la région et de nouer d’autres partenariats pour se faire connaître auprès des handballeur·ses du 3ème âge. En février 2025, ce sont plus de 300 personnes qui sont attendues pour le prochain tournoi. On se retrouve dans les gradins ?
L’Association Française de Football en Marchant, l’intergénérationnel droit au but
L’euphorie de marquer un but, la fierté de faire la passe décisive, la joie de se dépenser en équipe… On devrait les mettre de côté une fois passée la barre des 60 ans ? Hors de question. Pour continuer à jouer au football sans courir et mettre à risque ses genoux, il existe l’Association Française de Football en Marchant (AFFM). Une manière de jouer, former une équipe et participer à des compétitions, de 14 à 90 ans.
C’est au Royaume-Uni, à Derby, que se pratique depuis 2011 ce sport assez unique. Le walking football a de nombreux avantages : on va dehors, on bouge son corps, on tisse des liens avec ses voisins et on fait vibrer son âme d’athlète de compet. C’est là que Pierre de Rauglaudre retrouve le plaisir de jouer à un sport qu’il a pratiqué toute sa vie, avant d’arriver à un stade où une certaine intensité devient plus risquée. Cet entrepreneur dans l’âme est alors convaincu que ce sport senior a sa place en France et, en 2020, décide de lancer l’AFFM.
Les règles sont simples : interdiction de courir et de faire des tacles. Sinon, on retrouve toutes les bases du football traditionnel. Les terrains sont plus petits et les équipes plus restreintes, en 6 VS 6. Souvent mixtes, il existe également des affrontements entre clubs masculins et féminins (la dernière fois, ce sont les femmes qui ont gagné).
Une coupe du monde plus éthique que nature
Pour les plus compétitifs, il existe des tournois régionaux, nationaux et internationaux (la France est arrivée vice-championne lors de la coupe du monde à Derby en août dernier). Les entraîneurs et les arbitres sont spécialement formés au football en marchant et il n’y a pas de limite d’âge pour participer. Le réseau d’ambassadeurs et de bénévoles organise les tournois et prend en charge la gestion des clubs.
Le sport qui ne bat pas en retraite
Aujourd’hui, ce sont plus de 55 clubs adhérents inscrits auprès de la FFF, 5 équipes nationales et 1 millier de joueurs en France. Pour développer son réseau francilien et répandre la pratique du football en marchant, l’association est accompagnée par l’Assurance Retraite Ile-de-France. Prochaine étape : aller à la rencontre des seniors partout en France pour les initier à ce sport et proposer des formations. Pour cela, Pierre compte bien s’appuyer sur ses partenaires du bien vieillir, comme Sport Santé, les Carsat, le programme “Du stade à l’emploi” de Pôle Emploi, les Vieux Olympiques et les résidences seniors.
Depuis 2023, l’AFFM est reconnue comme partenaire expert de la FFF, avec l’ambition de légitimer et diffuser ce sport inclusif. Si aujourd’hui les spectateurs et spectatrices sont surtout des membres familiaux, les gradins attirent de plus en plus de monde, et on aime ça. Alors, p’tit foot ce soir entre seniors ?
NOUR, assouplir son corps sans battre en retraite
Dans la famille de Faustine Caron, on a pris l’habitude d’entamer les réunions de famille avec une séance de yoga. Des petits-enfants aux grands-parents, la joyeuse troupe enchaîne cobra et chien tête en bas avec souplesse et prouesse. Au-delà des bienfaits corporels, ce rituel devient un vrai moment de partage intergénérationnel.
Professeur de yoga depuis 2019, Faustine Caron voit dans cette pratique sportive un potentiel vecteur de lien social et d’inclusion. Elle se lance en organisant des premières séances ouvertes au sein des communautés de réfugiés. Les cours se remplissent, les participants se fidélisent et surtout, se rencontrent, tissent des liens entre eux.
Le yoga inclusif vaincra
NOUR (lumière en arabe) fait en sorte de briser la barrière sociale et financière de l’accès au sport et à la santé. Depuis le premier cours, Faustine permet aux participants de faire un don pour financer l’accès d’un autre. Afin d’aller toucher les publics isolés ou en situation de précarité, les cours sont organisés dans des centres sociaux, médico-sociaux et associations.
Les cours sont adaptés aux participants, comme les enfants autistes ou les seniors en perte d’autonomie. C’est en testant des nouveaux formats que NOUR met en place le yoga-boxe, mélange de souplesse et de cardio qui trouve particulièrement une place auprès des seniors. Avec des gants et un tapis, on apprend à se défendre et on gagne en confiance. Le jeu décomplexe : les seniors osent et se surprennent à faire preuve de force et flexibilité. Qui a dit qu’il y a un âge pour tout ?
Sur le ring du mieux vieillir
Grâce au soutien de l’Assurance Retraite Ile-de-France, NOUR développe son offre de yoga-boxe senior dans les centres socio-culturels ou d’habitat inclusif, dont notamment les ex-foyers de travailleurs migrants. Le but : proposer un panel de séances et un suivi pour mesurer l’impact de cette pratique sportive inédite sur la santé mentale, physique et sociale.
Les premiers adeptes, au bout de quelques séances, se disent déjà transformés. “Je ne m’en croyais pas capable”, “j’ai l’impression que si je sors dans la rue et qu’on m’embête, je pourrai me défendre”, “je me sens plus en confiance”, entend-on après la relaxation finale. Alors, on entre sur le ring ?
Nos âges heureux
On voudrait nous faire croire qu’il y a d’un côté les jeunes, les minots, les juniors et de l’autre les aînés, les seniors, les anciens et que tout ce petit monde n’a rien à voir ? Et si au contraire, les générations avaient mille choses à se dire et encore plus à faire ensemble ? Retrouvez plein de contenus et autant d’idées pour créer des ponts entre celles et ceux qui sont nés de la première ou de la dernière pluie. Le tout avec le soutien de Malakoff Humanis et de l'Assurance retraite Île-de-France.