Les guerrières de la paix, et autres initiatives pour en finir avec la guerre

Les guerrières de la paix, et autres initiatives pour en finir avec la guerre

Comme ça on se dit qu’on ne peut pas faire grand chose pour rétablir la paix dans le monde. Mais on se trompe, on peut rejoindre plein d’assos qui ont choisi la non violence comme arme de combat.
08 October 2026
9 minutes de lecture

Face à la guerre en Ukraine, à Gaza, au Soudan… Scroller les mauvaises nouvelles jusqu'à 2h du mat' en te sentant vulnérable et (littéralement) désarmé, c'est une option. Il y en a d'autres, même si on aimerait te faire croire le contraire. D’ailleurs, un peu partout, certain·es se retroussent les manches pour désarmer les arsenaux… et les esprits. On te présente les initiatives à rejoindre, soutenir ou faire connaître.

Deux ans que notre train-train quotidien est rythmé par les notif’ glaçantes, les images insoutenables, la litanie des demandes de cessez-le-feu et les hausses records des budgets militaires… qui ont frôlé les 2 900 milliards de dollars en 2025, en progression pour la onzième année consécutive. L'ONU a fait le calcul en 2024 : c'est 13 fois l'aide au développement versée par les pays riches, et 10% de ce pactole suffirait à éradiquer l'extrême pauvreté. En France, la première promo d’un service militaire flambant neuf fait ses classes. Dans cette ambiance, se dire “pacifiste”, ça fait vite naïveté de bisounours en sandales.

Dans le monde, les budgets militaires sont en hausse pour la onzième année consécutive.

Sauf que la paix n'est ni une posture molle, ni un refus de choisir son camp. La non-violence serait même « l'arme des forts », disait Gandhi. Mais elle ne tombe ni du ciel, ni d’une routine de méditation bien rodée (même si on adore méditer). Elle se négocie, elle s'apprend, elle se prépare dans les salles de classe, dans les couloirs de l'ONU et dans des soirées où l'on accepte d'écouter l'autre camp sans s’énerver. Des gens s'y collent déjà : des mères, d'anciens soldats, des journalistes, des juristes, des féministes russes qui risquent la prison, des gens comme toi et moi…

On t'a déjà présenté les contenus qui parlent de paix, place à celles et ceux qui la pratiquent. La bonne nouvelle ? Tu peux les rejoindre, les soutenir, les citer au prochain repas de famille...

Les Guerrières de la paix, sans slogan ni drapeau

En deux mots : le mouv’ réunit des femmes de toutes sensibilités, cultures, croyances et origines. Leur combat : faire reculer toutes les formes de haine qui traversent la société française (sexisme, racisme, antisémitisme, islamophobie, homophobie…). Et elles commencent par le plus basique ET le plus dur : se parler et s'écouter, pour rétablir le dialogue et le vivre-ensemble. Leur combat leur a valu des menaces et des insultes de toutes parts, mais aussi une nomination pour le prix Nobel de la paix 2025.

La petite histoire : tout commence par un docu que tu peux mater ici. En 2018, la journaliste et documentariste Hanna Assouline part filmer les militantes de Women Wage Peace, mouvement pacifiste israëlo-palestinien. En mai 2021, le conflit se rallume et réveille les tensions intercommunautaires en France, tu connais. La journaliste, convaincue que la paix viendra des femmes, décide de monter la même chose à Paris. Le 4 octobre 2023, les Guerrières défilent à Jérusalem main dans la main avec Women Wage Peace et Women of the Sun pour exiger la fin de la violence. La suite, tu la connais : trois jours plus tard, c’était le 7 octobre.

Depuis, les Guerrières enchaînent les rassemblements “sans slogan ni drapeau”, les débats, les cafés citoyens, les documentaires et des opé ambitieuses comme le Forum Mondial des Femmes pour la Paix. Leur obsession : (ré)ouvrir des espaces de parole, ressusciter le dialogue interculturel, porter partout leur message pacifiste et humaniste.

Pour t’engager, tu peux :

Devenir ambassadeur·ice de leur prochaine campagne

Devenir bénévole et rejoindre l’un de leur pôles ou une antenne locale : Paris, le Sud-Est, Genève, la Belgique. D'autres en construction à Angers, Bordeaux, Strasbourg et au Maroc.

Débarquer au prochain Café des Guerrières, leur rendez-vous mensuel au Consulat Voltaire (Paris 11e), le 6 octobre.

Soutenir l’association pour amplifier leur voix.

Checker leurs actus sur leur site ou les suivre sur Instagram.

Et les autres ?

Le MAN, ton grand-père pacifiste toujours hyperactif

Né en 1974, le Mouvement pour une Alternative Non-violente a pris part aux grandes luttes de l'époque, de la lutte du Larzac, résistance devenue mythique contre un projet d’extension de camp militaire, aux luttes anti-nucléaires. Aujourd'hui, ses 20 groupes locaux transmettent des outils pour désamorcer les conflits depuis la cour de récré jusqu’aux relations internationales. Pour t'y mettre, tu peux rejoindre un groupe local, te former (gestion du conflit, désobéissance civile, gouvernance partagée…), soutenir l'asso, piocher dans leurs vidéos, contribuer à leurs campagnes (qui arrivent là maintenant) ou te procurer leur Manuel citoyen de défense civile non-violente. Pour en savoir plus, tu peux écouter son fondateur dans ce podcast sur la non-violence.

Pour les suivre : leur site et leur Instagram.

La WILPF, doyenne mondiale des assos pacifistes

Avril 1915. En pleine boucherie de 14-18, plus de mille femmes (1 136 pour être précis) venues de 12 pays bravent les frontières fermées pour se retrouver à La Haye et exiger la fin de la guerre. Ainsi naît la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, qui comptera deux prix Nobel de la paix dans ses rangs (Jane Addams en 1931, Emily Greene Balch en 1946). Entre autres victoires institutionnelles, l’ONG a pesé dans l'adoption de la résolution 1325 de l'ONU, qui impose d'inclure les femmes dans les négos de paix. Aujourd’hui, elle plaide pour le désarmement, la justice écologique, l'égalité des genres et les droits humains. Pour contribuer, tu peux adhérer et rejoindre ses groupes de travail, la soutenir financièrement ou écouter ses podcasts.

Pour les suivre : leur site et leur Instagram.

ICAN, pour rayer la bombe atomique de la carte

Lancée en 2007, cette coalition mondiale d'ONG basée à Genève, tout près de l’ONU, a porté le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires, adopté par 122 pays en 2017. La même année, elle a décroché le prix Nobel de la paix. Entre nous, les pays détenteurs de l’arme nucléaire l’ont savamment ignoré, hein, mais le lobbying d'ICAN consiste justement à les faire changer d'avis. Pour t'y mettre, tu peux devenir bénévole (+100 points si t’aimes traiter l’admin, organiser des débats ou traduire), pousser ton ou ta maire à signer l'Appel des villes, ou bien faire un don comme le Prix Nobel de la paix Desmond Tutu ou le dalaï-lama.

Pour les suivre : leur site et leur Instagram.

Combatants for Peace, pour déposer les (l)armes

Ils se sont longtemps opposés, battus, haï. Aujourd'hui, ils pleurent leurs morts ensemble. Depuis 2005, Combatants for Peace réunit d'anciens soldats israéliens et d'ex-combattants palestiniens ayant choisi de déposer les armes pour œuvrer ensemble à la paix et à la réconciliation. L’idée : faire dialoguer les deux peuples et éduquer à la non-violence via des programmes éducatifs, des conf’, des ateliers et des évènements. Chaque année, l’orga rassemble des familles endeuillées des deux camps lors d’une cérémonie commémorative que tu peux suivre ici. Libre à toi de les soutenir, d’organiser une projo du docu qui retrace leur histoire, ou juste de lire les témoignages de ses membres.

Pour les suivre : leur site et leur Instagram

PBI France, pour devenir garde du corps

L’ONG Brigades de paix internationales a été créée en 1981 pour inventer des façons non-violentes de maintenir la paix et faire respecter les droits humains. Concrètement ?À la demande d'assos locales, PBI fournit une escorte de volontaires étrangers, non- armés, aux militants menacés. Si t’as maté Le Bureau des Légendes, tu sais que c'est beaucoup plus compliqué de faire disparaître quelqu'un suivi de près par un témoin... Par exemple, PBI a notamment protégé le guatemalien Rigoberta Menchú, prix Nobel de la paix, à son retour d’exil. La nature t’a doté d’un minimum de sang-froid et d’un talent de discrétion ? Rejoins la section française. Et si ça te fait tachycharder d’avance, tu peux toujours les soutenir avec un don !

Pour les suivre : leur site, et leur Instagram

En bonus, d’autres munitions pacifiques :

  • Idite Lesom : en Russie, l’orga caritative Idite Lesom (”Allez dans la forêt”) aide des milliers d'hommes à éviter de combattre… voire à fuir la Russie. En Juillet 2025, l’orga aura aidé plus de 2000 personnes à déserter et 48 000 à échapper à la mobilisation. Pour faire un don, c’est par là.
  • Standing Together : c'est le plus grand mouvement citoyen judéo-arabe d'Israël, candidat au prix Sakharov 2026 – le lauréat sera désigné le 22 octobre.
  • Feminist Anti-War Resistance : depuis février 2022, ces féministes russes, “manipulées par les occidentaux” bien sûr, disent un “non” ferme à la guerre de Poutine à coups de tracts glissés entre les paquets de pâtes et de mémoriaux improvisés.
  • Stop Fuelling War : cette asso se poste tous les 2 ans devant Eurosatory, l'un des plus grands salons d'armement au monde, pour interpeller (poliment) marchands d'armes et visiteurs. Prochain rendez-vous en juin 2028.
  • Mesarvot : En Israël, le mouvement Mesarvot (« Nous refusons ») soutient les jeunes emprisonné·es pour avoir refusé le service militaire. Infos par ici, dons par là.
Chargement...

Mode
Action
activé