La Panière bouleverse les traditions et devient entreprise à mission

La Panière bouleverse les traditions et devient entreprise à mission

Comment devenir une entreprise à mission après 24 ans de modèle traditionnel ? La Panière nous raconte les coulisses de son aventure.
12 July 2022
par makesense
5 minutes de lecture

Comment faire pour devenir une entreprise à mission après avoir été dans un schéma traditionnel des années durant ? Pauline Poydenot, chef d'orchestre de la transition de l'entreprise familiale La Panière nous dévoile les coulisses de cette aventure. 

Nous sommes en janvier 2020 quand Pauline Poydenot rejoint les équipes de la Panière et rencontre pour la première fois son président, Pascal Cantenot. Il lui fait part de son souhait de formaliser leurs engagements environnementaux et sociaux via l’un des nombreux labels ou certifications accessibles sur le marché. Après quelques recherches et de nombreux échanges, c’est la qualité de société à mission qui s’impose comme une évidence pour cette entreprise familiale créée en 1993 par Pascal et son père Gérard. Aujourd’hui, elle regroupe plus de 500 collaborateurs, un atelier de production et 40 points de vente. 

Deux ans plus tard, la volonté portée par les dirigeants devient une réalité, et la Panière rejoint les rangs des 675 entreprises à mission françaises. À cette occasion, les statuts de l’entreprise évoluent et des objectifs d’impact viennent clarifier, enrichir et appuyer une stratégie de développement plus responsable pour cette société déjà trentenaire.

Qu’est-ce qu’une société à mission ?

La mission est l’ensemble de deux éléments : une raison d’être et des objectifs sociaux ou environnementaux associés. La raison d’être exprime la singularité de l’entreprise, son identité, sa vocation et là où elle souhaite aller tandis que les objectifs ancrent la raison d’être dans le modèle d’affaires, expliquent comment elle s’active dans l’ensemble des activités de l’entreprise.


Plus d’infos sur le site de la Communauté des entreprises à mission

Une mission écrite à grands renfort de post-its

Après s’être renseignée sur les tenants et les aboutissants de la démarche, Pauline se sent fin prête. Elle se lance au printemps 2021. Pour se donner de l’élan, elle rejoint la formation collective Leaders à mission, conçue et animée par un consortium de trois acteurs : la Communauté des entreprises à mission, makesense et Corporate for Change

"Étant basée en province, je n’ai pas trouvé beaucoup de soutien local pour appuyer notre initiative. Quand je suis tombée sur la formation, je me suis dit que ce serait un avantage de ne pas me retrouver seule et de rejoindre un collectif. J’ai vraiment pu profiter de l’émulation apportée par le groupe, m’inspirer au travers de différents témoignages dont celui de la CAMIF, et avancer plus vite grâce à la boîte à outils mise à disposition."

Une fois mise en confiance par ces 8 semaines de formation, Pauline prend les choses en main et fait appel à l’intelligence collective pour définir la raison d’être de la Panière. Au total, elle organisera une dizaine d’ateliers (de 10-12 participants chacun) afin de répondre à des questions telles que : Qu’est-ce que la Panière aujourd’hui ? Quel monde souhaitons nous contribuer à construire ?

"C’était essentiel d’avoir des représentants de tous les métiers. À La Panière, nous avons un siège administratif, un atelier de production et des magasins dans 4 départements, j’avais vraiment à coeur de parler à tous les corps de métiers pour avoir le son de cloche de tout le monde. Pour y parvenir, j’ai fait appel à Pascal (le Président, ndlr) pour qu’il introduise les ateliers et qu’il incarne la démarche. Ensuite, il nous quittait afin de laisser libre cours aux échanges".

Pour compléter cette phase d’écoute, Pauline organise également des ateliers avec des clients de la Panière ainsi que des partenaires sous la forme de visites des ateliers de production. Des banquiers, des élus, des collecteurs de déchets, des fournisseurs, et une multitude d’autres parties prenantes sont présents : "C’était des supers moments de convivialité, les gens étaient vraiment contents d’être là et d’être écoutés sur nos sujets".  

Rien de mieux que la montagne, pour prendre de la hauteur

À l’issue de ces ateliers, Pauline collecte des centaines de post-its et des dizaines de pages de notes : "Ce que je trouve intéressant dans cette démarche - longue et fastidieuse, c’est non seulement le recueil d’impressions, d’émotions et d’idées mais aussi de faire monter les gens dans le bateau et de les sensibiliser à la démarche, que ce soit les collaborateurs ou les parties prenantes". 

Pour faire la synthèse  et formuler une première version de raison d’être à soumettre aux différents contributeurs, Pauline propose au comité de direction de prendre de la hauteur pour une journée dans le massif des Bauges en compagnie de leur coach Jean-Luc. En amont de cette retraite, les résultats des ateliers sont diffusés sous la forme d’une exposition un peu particulière : des verbatim, des chiffres et des portraits sur les murs, avec en fond musical, la valse d’Amélie de Yann Tiersen - histoire d’appuyer la dimension émotion de l’expérience. 

"Une fois en montagne, ça nous a pris une journée d’accoucher de la raison d’être et une autre pour s’aligner sur les engagements (objectifs statutaires, ndlr). Une fois la mission définie, nous avons sollicité des collaborateurs, des partenaires et des clients pour nous faire des retours sous la forme d’un sondage, afin de valider les termes composant notre raison d’être. Peu de temps après, elle est née."

"Nous élaborons avec soin et audace des recettes gourmandes pour vous nourrir au quotidien dans une ambiance chaleureuse. Entreprise régionale, nous sommes mobilisés pour accompagner notre entourage et soutenir notre territoire."

- Raison d’être de la Panière

Un comité de mission haut en couleur 

Un des critères obligatoires pour devenir entreprise à mission est la constitution d’un comité de mission : un organe interne garant du suivi de l’exécution de la mission, composé d’au moins un salarié de l’organisation et généralement de représentants des parties prenantes de l’entreprise. En janvier 2022, Pauline lance donc un appel à volontaires, tout en proposant en parallèle à certaines personnes qui ont été clé dans les phases en amont et qui le seront à l’avenir. 

“Notre comité de mission est composé de 10 personnes, 2 personnes en interne qui connaissent bien nos enjeux par leur ancienneté ou leur rôle - et 8 personnes externes dont des fournisseurs, des voisins, des experts des filières du froid, du recyclage, du management responsabilisant, tous mobilisés pour challenger l’entreprise avec bienveillance!” 

La première mission du jeune comité de mission de La Panière sera de définir les modalités du fonctionnement de ce nouvel organe consultatif, ainsi que de valider une feuille de route pour atteindre les objectifs ambitieux - toujours à travers des méthodes d’intelligence collective :  “J’ai envie de faire rêver les gens en interne, d’identifier les bons indicateurs d’impact, il y a tellement de chose à faire… bref, le boulot commence !”. 

Pauline ne croit pas si bien dire car une fois la mission formalisée, vient le prochain défi : la faire vivre au sein de l’entreprise. 

Faire de la mission de l'entreprise une boussole pour tous

La Panière n’a pas attendu de devenir société à mission pour lancer des projets pour réduire l’impact environnemental de leurs activités ou contribuer positivement à des projets de société ou de territoire. Ainsi, une première étape intéressante à considérer avant de “faire vivre sa mission”, est de recenser toutes ces initiatives afin de les valoriser et d’y ajouter de l’ambition grâce au plan d’action construit par les collaborateurs et validé par le comité de mission. 

C’est important pour nous de clarifier ce que ça veut dire que d’être une entreprise à mission dans notre quotidien. On fait des pains spéciaux bio depuis longtemps, notre logistique est sans carton…: ces projets ont longtemps été portés par nos dirigeants, désormais on veut que tout le monde soit visionnaire, et l’entreprise à mission va nous donner le cadre pour innover dans le bon sens” 

Si la qualité de société à mission permet ce cadre, elle est aussi considérée par Pauline comme un tremplin pour s’inspirer et se projeter dans un futur de plus en plus incertain. Notamment grâce à toutes les portes qu’elle ouvre auprès d’acteurs engagés dans des causes telles que la juste rémunération des agriculteurs, la mobilité douce ou encore l’agro-écologie. Bref, si le chemin est encore long pour atteindre un modèle 100% responsable, la boussole de la mission montre la voie, et la destination est connue.

Vous souhaitez vous aussi engager votre entreprise sur la voie de la société à mission ? 

Rejoignez "Leaders à mission", la formation que makesense co-anime avec la Communauté des entreprises à mission et Corporate for Change

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