TOP 5 des assos qui réinventent la démocratie (à suivre d’urgence avant les municipales de 2026)

TOP 5 des assos qui réinventent la démocratie (à suivre d’urgence avant les municipales de 2026)

Et si la démocratie se réinventait dans les quartiers ? Voici cinq initiatives à suivre avant les municipales 2026.
13 February 2026
8 minutes de lecture

5 associations et projets, 5 pépites à ne pas louper avant les municipales de 2026. Notre rêve : que dans un futur proche, tout le monde ne parle que d’elles, de leurs outils, de leur créativité qui redonnent à la démocratie son sens le plus profond : celui d’éveiller notre désir de vivre avec d’autres et de construire une société plus juste et plus écologique. 

cité des chances ©Radio France

“La Cité a votépar Cité des Chances

L’histoire de ”La Cité des Chances” commence en janvier 2018. Doter les jeunes des quartiers populaires d’outils leur permettant de mieux s’engager dans la vie citoyenne, tel est l’objectif de l’association “Cité des Chances”. Et si elle multiplie les missions sur le terrain depuis sa fondation, c’est en particulier celles liées aux élections que nous allons creuser dans cet article. 

L’année 2020 marque pour “Cité des Chances” un tournant et une action politique plus assumée à l’approche de chaque élection. Le mot d’ordre ? Mobiliser les jeunes de banlieues pour qu’ils et elles expriment leurs revendications et soient entendus. Le format ? Ouvrir des espaces pour verbaliser cette pensée politique, débattre dans un café, un grec ou à la pizzeria. Tant que les propositions sont entendues, récoltées, tous les lieux peuvent devenir agora et occasions d’inciter à aller voter. L’étape qui suit, non moins importante, c’est la transmission de ces revendications aux candidats et candidates. De la parole à l’acte. 

Cette année, ce sont donc les municipales qui se profilent. L’association a lancé la campagne “La Cité a voté” et propose trois types d’atelier : 

  1. Un premier permettant de comprendre son territoire et la vie démocratique locale. En y participant on met en lumière les enjeux de son quartier pour en identifier les acteurs clés ainsi que comprendre les mécanismes de la vie municipale. 
  2. Un deuxième permettant d’entrer dans le vif du sujet et de construire un programme local porté par les jeunes. Le diagnostic participatif fera naître des propositions concrètes qui elles-mêmes permettront la rédaction d’un programme citoyen. 
  3. Enfin, tout ceci nécessite d’être porté, défendu à travers l’incontournable art oratoire qui compte tant en politique. Le troisième atelier traite de ces enjeux : Comment gérer le stress, développer une prise de parole limpide et efficace lors d’un débat public ? Vaste programme.  

Cerise sur le gâteau : “La Cité a voté” ce sont aussi des soirées citoyennes durant lesquelles les propositions sont présentées, publiquement, par leurs créateurs et créatrices, les jeunes de la localité et confrontées aux réponses et programmes des candidats, le tout dans un cadre bien défini et donnant la part belle à l’écoute active, chose rare dans le monde politique de nos jours… À la fin de ces soirées, quelques priorités locales et pistes d’actions seront retenues et transformées en balles dans le camp de futurs candidats et élus. 

Le constat de “ Cité des Chances” est clair : “Les conseils municipaux n’accueillent qu’un nombre limité de jeunes. Il est donc important de faire vivre les débats hors de l’enceinte de la mairie.” Et grand temps de déborder les institutions, d’inverser la tendance : elles n’auront plus qu’à suivre les jeunes, et non l’inverse. 

“La COP des quartiers” par CAMP+

D’après un récent rapport sur l’injustice climatique intitulé “Pourquoi l’avenir de l’écologie ne peut se penser sans les quartiers populaires ?”, l’association Ghett’up met en avant un fait de plus en plus incontournable lorsqu’on parle de lutte écologiste : les habitants de quartiers populaires subissent davantage les effets du changement climatique, effets accentués par les inégalités sociales existantes. Dans ce même rapport, 70% des jeunes des quartiers ne se sentent pas représentés par le mouvement écologiste. Paradoxe évident. Alors comment tenter de résoudre un problème en y intégrant réellement toutes les parties prenantes ? 

Un exemple de réponse est apportée par CAMP+. Cette association à l’origine de séjours éducatifs vise à offrir des expériences d'apprentissage dynamiques en utilisant des pédagogies alternatives. La spécificité de ces camps-là proviennent du fait qu’ils soient conçus par et pour les jeunes. Sur la question écologique et dans cet élan de “faire avec”, CAMP+ se propose d’intégrer les quartiers populaires au débat, avec le format plein de créativité : “la COP des quartiers”, créée lors du CAMP+ 25. 

Prenez un peu de foot sauce Coupe d’Afrique des Nations, saupoudrez de diplomatie climatique et mélangez cela sur une semaine. Résultat, vous obtiendrez un quartier fictif pour lequel une mesure forte pour répondre aux défis climatiques réellement vécus dans ledit quartier a été plébiscitée. Inspiré des codes de la CAN des quartiers (tournoi de foot des quartiers pendant l’été) et de la COP de l’ONU (Conférence des Nations Unies pour le Climat), CAMP+ donne la parole et légitime aux jeunes, premiers concernés, pour prendre position sur des sujets qu’ils considèrent souvent trop éloignés d’eux pour s’y frotter. 

Assister à cette délibération nouvelle est passionnant, les envies sont clamées haut et fort. Un seul horizon : “changer concrètement la vie des habitants dans leur quartier”. Concrètement cela donne des idées comme le “Pass Jeunes”, mesure gagnante cette année et promue sur les réseaux, qui désire intégrer les jeunes à la propreté de leur quartier en échange d’une “rémunération” sous forme d’accès à la culture (cinéma, musée, théâtre, etc.). “C’est par l’instruction qu’on acquiert le pouvoir et qu’on peut changer le monde,” dixit l’une des porteuses du projet. 

On vous prévient, le match ne fait que commencer. 

Les ateliers de Melting Pot

Direction le sud. Melting Pot est une association marseillaise qui a été créée en 2022 et qui se consacre à l’éducation citoyenne et démocratique des jeunes de 11 à 30 ans. 

Pour initier ces mêmes jeunes à la vie démocratique, institutionnelle et aux enjeux de société, Melting Pot décide de prendre le problème de l’abstention à bras-le-corps. La force de l’asso ? Faire de la “politique autrement” et repeindre l’ennui en ateliers interactifs, animés et enthousiasmants.  

À l’aube de la campagne pour les municipales, Melting Pot garde le même cheval de bataille et lance des ateliers à destination du plus grand nombre. Pendant la récente dissolution de l’Assemblée Nationale, ces ateliers ont par exemple touché plus de 1500 jeunes. Aujourd’hui, les formats sont repris mais les enjeux actualisés et tournés vers la question municipale (à l’instar d’un travail de sensibilisation à propos de la loi du 11 août 2025, réformant la loi dite "PLM" Paris-Lyon-Marseille et qui sera appliquée lors de ces prochaines élections municipales, en mars 2026). 

Pour lutter contre contre l'abstention des jeunes et donner les moyens d’agir, les ateliers de Melting Pot s’articulent autour de 3 axes : 

  • Informer grâce à des contenus qui vulgarisent des concepts et de l'actualité politique sur Tik Tok et Instagram.
  • Initier, notamment au travers d’un accompagnement sur-mesure et ludique basé sur les enjeux de notre société. Ces différents programmes d'accompagnement ont pour but de développer une meilleure compréhension des institutions et de favoriser la démocratie scolaire et locale. Deux exemples parmi d’autres : le foot et One Piece. Ces supports sont utilisés comme fil rouge lors de rencontres avec des personnalités “qualifiées” sur divers sujets.
  • Accompagner, enfin. Un club de jeunes, entre 16 et 25, a été créé pour être une rampe de lancement vers le débat public, des ambassadeurs de l’association. Ce parcours d’ambassadeurs et d’ambassadrices, c’est d’une pierre deux coups : un engagement associatif formateur et petit à petit une insertion dans le monde professionnel (la statistique qui le dira mieux que nos mots : la moitié des salariés de Melting Pot sont aujourd’hui passés par l’association !)

Quelques années après son lancement en 2022, au travers de ses multiples interventions en région PACA, ce sont près de 7000 jeunes qui ont été touchés en 3 ans. 

Les Tables de quartiers de Marseille

C’est à nouveau dans la cité phocéenne que se portent nos regards, à nouveau les ingrédients phares d’une démocratie renouvelée que l’on retrouve ici : le collectif, la co-création et le réel. L’aventure des Tables de quartiers se joue sur plusieurs tableaux : 

  • L’émergence d’une parole souvent oubliée,
  • L’organisation collective pour peser sur les décisions prises pour l’avenir et le présent des territoires, 
  • La logique de co-construction des politiques publiques, 
  • L’action directe à l’échelle d’un quartier, par le biais d’actions citoyennes et solidaires. 

Les Tables de quartiers, initiées en premier lieu au Québec (Canada), ont pour objectif – a priori simple –  d’organiser des rencontres et concertations dans les quartiers pour parler… des quartiers ! Portées par et pour les habitants et habitantes. En France, ces Tables de quartier ont été expérimentées 3 années durant (2014-2017) et portées par la Fédération des Centres Sociaux de France et la Coordination Pas Sans Nous et aujourd’hui dix-huit sont animées par des professionnels à Marseille et une est autonome.

Organisées dans dix-huit quartiers différents de la ville, chacune est donc animée par une association ou par le centre social familial Saint Gabriel Bon Secours, plus précisément par leurs salariés animateurs de la participation des habitants. 

Parmi ces tables, arrêtons-nous un instant sur la petite nouvelle, une table de quartier jeunesse  qui a débuté en juillet 2020, cette fois-ci organisée par les jeunes eux-mêmes. La visée est la même et l’organisation collective a comme toujours une efficacité étonnante. Récemment par exemple, ce sont par ces étapes que sont passés les jeunes pour se faire entendre : 

  • Le manque d'équipements sportifs / interpellation des services concernés.
  • Une fois cet enjeu priorisé, un temps de co-construction a vu le groupe impulser la création d’une association.
  • Cette association a pu ensuite formuler une demande claire et officielle de nouveaux équipements sportifs entretenus et  accessibles les soirées et les week-end. Elle a ensuite déposé et obtenu une demande de financement au titre des microprojets auprès de la Fondation du Logement (ex-Abbé Pierre) et de la CAF 13 pour organiser des évènements conviviaux et festifs, soit 3000€ et 2500€. 


Cette Table de quartier est comme les autres un collectif d’habitants et d’associations qui agissent donc à une échelle très locale (ici gymnase et plateau sportif extérieur attenants, là-bas une rue, une résidence) pour améliorer la vie de ceux et celles qui fréquentent les lieux et toujours en partant de l’expérience et des problématiques vécues par les habitants. Que ce soit avec cet exemple du terrain de sport ou un autre, ces projets s’inscrivent dans une dynamique plus globale de cahiers de doléances des habitants des quartiers de Marseille, aujourd’hui portée par un tissu associatif bien présent dans les quartiers populaires.

“Ma cité va voter” et le collectif Des Terres Minées 

Ma cité va voter”, c’est un dispositif porté et créé par l’association Espoir et Création à Garges-lès-Gonesse, dans le Val d'Oise, mais également par le collectif Des Terres Minées.  Ce collectif est une arme supplémentaire pour inciter les jeunes des quartiers populaires à aller voter, alors que l'abstention y est plus forte qu'ailleurs. Leur outil est simple mais efficace : le tractage et le maillage d’un quartier pour pousser ses habitantes et habitants à se mettre en ordre de marche.  Et c’est par la rencontre et le face-à-face avec l’autre que les consciences s’éveillent et que la démocratie, au sens premier de vie de la cité, retrouve son sens. 

L’association Des Terres Minées propose elle, en dehors de cette campagne sur l'abstention, une palette d’activités larges permettant aux jeunes de développer leur esprit critique, de découvrir de nouvelles choses et de s'engager dans leur communauté. Florilège des outils créés :  

  • Des débats, qui permettent aux jeunes de confronter leurs idées et de développer leur capacité à argumenter, 
  • Des événements culturels, qui permettent aux jeunes de découvrir de nouvelles formes d’art et de culture. 
  • Des projets d’engagement social, qui permettent aux jeunes de s’impliquer dans leur communauté et de faire une différence
  • Des projets de sport nature (randonnées, bivouacs), pensés comme des temps de rupture, de dépassement de soi et de cohésion, favorisant l’autonomie, la responsabilité et le lien au collectif.

Le nom de l’association est évocateur : d’un lieu de vie oublié, on fait naître des leaders, déterminés à construire le monde dans lequel ils et elles veulent vivre demain. “S’assumer et transformer leurs rêves en réalité” passe donc par l’art, la créativité et l’innovation permanente.

paumé·es dans mes municipales

Une élection ne fait pas le printemps mais deux peuvent dessiner un nouveau paysage communal. Les 15 et 22 mars prochains, rendez-vous aux urnes pour élire votre maire ou mairesse dans l’une des 34 875 communes. Et en attendant, voici plein de contenus pour savoir qui, que, quoi, comment. C’est parti ?

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