Comment ça va le monde ? 10 chiffres de la santé mondiale qui remontent le moral (enfin, presque)

Comment ça va le monde ? 10 chiffres de la santé mondiale qui remontent le moral (enfin, presque)

Allô docteur, comment ça va le monde ? Petit tour en chiffres et en lettres de l’état de santé de nos concitoyens planétaires.
07 October 2026
10 minutes de lecture

“Le monde va mal” et “c’est de pire en pire”, paraît-il. Les chiffres de la santé mondiale racontent une autre histoire. On a pris le temps d’en décortiquer 10, de quoi te remonter le moral et briller au prochain dîner.

Petit quiz avant de commencer. Selon toi, sur les cent dernières années, le nombre annuel de morts dues aux catastrophes naturelles :

a) plus que doublé

b) stagné

c) été divisé par plus de deux.

T'as coché a) ou b) ? Pas de panique, tu n’es pas le seul. Hans Rosling, statisticien de génie, a posé ce genre de questions pendant des années à des profs, des journalistes, des banquiers, des prix Nobel... Et en a conclu que notre vision du monde était biaisée : nous avons tous tendance à croire que tout empire, alors que la data montre des progrès spectaculaires dans pas mal de domaines.

PS : La bonne réponse, c’était c).

1. On vit 73 ans en moyenne, six ans de plus qu'en 2000

En 1950, un bébé né quelque part sur Terre pouvait espérer souffler 46 bougies en moyenne. En 2000, c'était 67 ans. Aujourd'hui, c’est 73 ans.

Fun fact ? L’espérance de vie n’est pas une moyenne de l’âge des morts à une année X, mais une probabilité. En gros, c’est l'âge moyen auquel mourrait une génération fictive si, tout au long de sa vie, les risques mortels restaient ceux de l’année considérée.

Les plus gros progrès viennent des pays qui partaient de loin. Depuis 2000, l'Afrique a gagné une dizaine d'années d'espérance de vie. Merci les vaccins, les moustiquaires contre le palu et les traitements contre le VIH.

Seul accroc sur la courbe : le Covid. En 2021, on est retombés à 71 ans, le niveau de 2011. Presque dix ans de progrès effacés en deux hivers ! La courbe est heureusement remontée à 73 ans en 2023.

2. La mortalité infantile a chuté de plus de 60 % en une génération

En 1990, 13 millions d'enfants mouraient avant leurs 5 ans (un enfant sur 27). En 2024, on est à 4,9 millions (un enfant sur 11).

Pas de baguette magique, mais une grosse boîte à pharmacie : vaccins, sels de réhydratation contre la diarrhée, moustiquaires contre le paludisme, compléments alimentaires pour les enfants dénutris… Et de plus en plus de sages-femmes qualifiées présentes pendant l'accouchement.

Reste que c'est encore un enfant qui meurt toutes les 6 secondes, et que ce progrès ralentit. Près de la moitié sont des nouveaux-nés, et près de 6 sur 10 vivent en Afrique subsaharienne.

On en profite pour te parler des mères : la mortalité maternelle a baissé de 40 % depuis 2000. En Asie centrale et du Sud, le risque d’y passer en donnant la vie est passé d'une femme sur 71, à une sur 410. Mais une femme meurt encore des suites de son accouchement toutes les 2 minutes, et c’est d’autant plus tragique que ça pourrait presque toujours être évité avec un suivi et des soins de base.

3. Le cancer du col de l’utérus, ou le premier cancer éradiqué de l'histoire ?

Enfin, disons que ça devient un objectif réaliste. En 2020, l'OMS s’est fixé un nouveau cap : 90 % des filles vaccinées avant 15 ans, 70 % des femmes dépistées, 90 % des malades soignées d'ici 2030. Grande première : l'Australie, élève modèle, n'a diagnostiqué aucun cas chez les moins de 25 ans en 2021.

Le reste du monde est encore loin derrière : environ 350 000 femmes en sont décédées en 2022, presque toutes dans des pays pauvres qui manquent de vaccins et de dépistage. Mais ça bouge : fin 2025, 86 millions de filles ont été vaccinées grâce à Gavi, l’orga internationale qui achète et finance des vaccins pour les pays démunis.

Quant au cancer en général, il continue de progresser : 35 millions de cas sont attendus en 2050, contre 20 millions en 2022. Parce qu'on est plus nombreux et qu'on vit plus vieux, la rançon du succès, quelque part. Mais aussi à cause du tabac, de l'alcool, de l'obésité et de la pollution environnementale (coucou les pesticides).

4. Pollution de l'air : les morts ont reculé d'un tiers depuis 2000

Maladies chroniques, crises cardiaques, AVC… Les maladies respiratoires tuent. Tu crois que ça vient des pots d'échappement et des cheminées d'usine ? Et bien pas seulement : sur les 7 millions de morts dues à la pollution de l’air chaque année, 3 millions seraient causées par l'air qu'on respire à la maison, notamment en cuisinant.

Gaz, électricité, aération… À mesure que les cuisines se transforment, l’air respiré s’assainit. Mais imagine une pièce mal aérée où l’on allume chaque jour un feu de bois, de charbon ou de bouse séchée pour se faire à manger. En 2010, c'était le quotidien de plus de 4 humains sur 10. Aujourd'hui, c'est encore celui d'environ 1/4 des humains, surtout dans les campagnes d'Afrique et d'Asie…

Dans la rue, en revanche, 99 % de l'humanité respire un air trop pollué selon l’OMS. En Inde, le charbon, les usines et la circulation ont empoisonné l'air des villes. Résultat : en 2019, la pollution de l'air y a tué 1,7 million de personnes, près d'un décès sur six.

5. En 2000, un adulte sur trois consommait du tabac. Aujourd'hui, c’est moins d'un sur cinq.

La planète compte 1,2 milliards de consommateurs de tabac dans le monde, contre 1,38 milliards en 2000… Alors qu'on est bien plus nombreux. Hausses de prix, paquets moins marketés, pubs interdites, arrivée des bars non-fumeurs : ça a fini par payer. En Asie du Sud-Est, la part d'hommes qui consomment du tabac a carrément été divisée par 2.

Petite ombre au tableau (pour nous) : l'Europe de l’Est est désormais la région du monde où l'on fume le plus, avec près d'un adulte sur quatre qui semble tenir à sa petite clope en terrasse. Et au global, le tabac continue à tuer plus de 7 millions de personnes par an.

Pour garder ses clients, l'industrie du tabac et de la nicotine a opté pour un savant relooking : saveurs bonbon, designs colorés, cigarette électronique… Et ça marche : au moins 15 millions d'ados de 13 à 15 ans vapotent dans le monde. C’est pas ouf : ces produits sont vendus comme une aide au sevrage, mais ils pourraient rendre accro encore plus tôt à la nicotine.

6. En Europe de l'Ouest et au Japon, l'obésité des enfants plafonne sous les 10 %

20 ans après Super Size Me, une bonne nouvelle nous vient de la balance : dans la plupart des pays riches, l'obésité des enfants a cessé de grimper. En fait, sa hausse a ralenti dès les années 1990, s'est stabilisée dans les années 2000, et a légèrement reculé depuis dans des pays comme la France, l’Italie et le Portugal.

En France, les dernières enquêtes scolaires comptaient 3,5 % d'enfants obèses en grande section de maternelle. Mais l'écart entre milieux sociaux est énorme et se creuse avec l'âge : en classe de troisième, l'obésité touche 7,5 % des enfants d'ouvriers contre 2,7 % des enfants de cadres.

Et tous les pays riches ne sont pas logés à la même enseigne : aux États-Unis, l'obésité plafonne elle aussi… mais à 23 %. Et dans la plupart des pays à revenu faible ou intermédiaire (Asie, Afrique, Amérique latine, îles du Pacifique…), elle continue d'accélérer. Et oui, la malbouffe s'exporte mieux que la ratatouille.

La malbouffe… et les séries Netflix. Car tu t’en doutes, la sédentarité n'arrange rien : un tiers des adultes ne bougent pas assez dans le monde.

7. 32 millions de personnes traitées contre le sida, contre 7,6 millions en 2010

Il y a trente ans, un diagnostic de VIH sonnait comme une condamnation (si t’as pas vu 120 battements par minute ou écouté ce podcast sur l’origine de cette épidémie qui a fait 40 millions de morts et 20 millions d’orphelins au XXème siècle, on te les conseille). Prépare des mouchoirs, par contre.

Aujourd'hui, la trithérapie, un traitement qui empêche le virus de se multiplier, permet de vivre longtemps en bonne santé et sans risque de le refiler lors d’un rapport sexuel. Résultat : de 2,1 millions de morts en 2004, au pic de l’épidémie, on est passé à 570 000 en 2025. Et depuis 2010, le nombre d’infections a baissé de 43 %.

Mais le VIH est loin d’être éradiqué. 1,2 million de personnes ont été infectées en 2025, 9 millions de personnes séropositives ne sont pas soignées, et les cas augmentent rapidos dans plusieurs régions du monde. On n’a pas fini de parler des préservatifs au collège !

8. Les vaccins ont sauvé 154 millions de vies depuis 1974

Ça fait six vies sauvées par minute pendant 50 ans. Tu te souviens du chiffre n°2 sur la baisse de la mortalité infantile ? Eh bien sans les vaccins, le compteur tournerait bien plus vite : sur les 154 millions de vies sauvées, 101 millions sont des nourrissons.

La star ? Le vaccin contre la rougeole, qui a sauvé 94 millions de vies à lui tout seul. Mais dès qu'on baisse la garde, n’importe quel virus en profite pour faire un max de dégâts : faute d'une vaccination suffisante, les cas de rougeole sont repartis à la hausse en 2024.

Et le Covid ? Il aurait fait 22 millions de morts directs et indirects entre 2020 et 2023 selon l'OMS, plus de 3 fois le bilan officiel. Un rappel brutal de ce que coûte une maladie virale contre laquelle on n'a pas encore de vaccin !

Alors tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Malheureusement, le progrès médical ne tombe pas du ciel. Derrière chacune de ces bonnes nouvelles, il y a des soignant·es, des infrastructures, du matos, des médocs, de la prévention… ET quelqu'un pour régler la note. Pour finir, deux derniers chiffres dont dépendent directement les huit premiers.

9. Il manquera 11,1 millions de soignants en 2030

Commençons par la bonne nouvelle : il n'y a jamais eu autant de soignant·es sur Terre. La planète compte plus de 70 millions de médecins, infirmier·es, sages-femmes, dentistes et pharmacien·nes, soit 52 % de plus par habitant qu'il y a vingt ans.

OK, la pénurie baisse. Mais elle reste colossale : en 2030, il manquera pas moins de 10 à 11 millions de soignant·es. La faute au vieillissement des patients un peu partout dans le monde… et celui des soignants eux-mêmes. Aujourd'hui, ça ne vaut pas qu’en France, un médecin sur 4 approche l'âge de la retraite.

En Afrique, c'est une histoire de budgets publics qui ne suivent pas : certains pays ont des infirmier·es diplômé·es… mais pas de postes pour les embaucher. Pendant ce temps, les pays riches recrutent à l'étranger : près d'un quart de leurs infirmier·es sont né·es ailleurs. Résultat, près de 70 % du déficit mondial d'infirmier·es se concentrera en 2030 en Afrique et en Méditerranée orientale.

10. L'aide internationale à la santé a chuté de 21 % en un an

L'aide internationale à la santé, c'est le carburant de la plupart des bonnes nouvelles qu’on vient de te citer. Or ces progrès historiques sont déjà très fragilisés par le recul brutal et inédit des financements internationaux en santé, qui en 2025 ont atteint leur plus bas niveau depuis 2009 : 39,1 milliards de dollars. Pour te dire, elle avait culminé à 80 milliards de dollars en 2021, pour cause de Covid.

La faute à Trump, tmtc, qui a sabré la contribution des US de 67 % (ça fait 9 milliards en moins), avec des conséquences bien bien tangibles. Et l’Europe n’est pas en reste : le Royaume-Uni a coupé la sienne de 39 % pour financer son armée (ambiance), la France de 33 % pour réduire son déficit, et l’Allemagne de 12 %.

Mais assez parler d’argent. Selon une étude de The Lancet, les coupes américaines à elles seules pourraient coûter 14 millions de vies d'ici 2030. De quoi effacer, en quelques années de rétropédalage humaniste, une bonne partie des succès qui t’ont fait sourire plus haut.

Alors, comment ça va le monde ? Franchement mieux qu'en 1990. Moins bien qu'il pourrait, si on arrêtait de couper les vivres à celles et ceux dont la vie en dépend !

Enfin une bonne nouvelle !

Finally something good, voilà le titre de la nouvelle exposition de la Gaîté Lyrique pour regarder le monde du côté de ce qui avance. 13 ans après The Happy Show, Stefan Sagmeister, le designer culte des pochettes de Lou Reed, des Rolling Stones, Jay-Z et revient avec une exposition pensée comme « un antidote au vieil adage "c'était mieux avant" ». Chiffres à l'appui, il démontre que l'humanité avance plus qu'on ne le croit, et que mesurer ce chemin parcouru, sans nier les combats du présent, c'est déjà changer de regard.

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