Ces stars qui restent à distance des réseaux sociaux

Ces stars qui restent à distance des réseaux sociaux

Des stars hollywoodiennes aux humoristes français, ils boycottent les réseaux. Fuite, sagesse ou meilleure stratégie ? Bienvenue dans le monde de la grève du like.
18 March 2026
6 minutes de lecture

Avez-vous déjà conscientisé que Louis de Funès n’avait jamais rien publié sur Instagram ? Que même le jour de son décès, le 27 janvier 1983 à Nantes, il n’a pas daigné twitter quoique ce soit pour mettre au courant ses amis ? Que dites-vous ? Instagram n’existait pas à l’époque ?

Certes. Mais d’autres, en 2026 pour le coup, ont décidé de ne pas céder à la tentation Meta, à rester à distance du bruit et de la fureur des algorithmes. C’est le cas de Scarlett Johansson ou de Brad Pitt, vous le saviez ça ? Quel est leur secret ? N’en ressentent-ils pas le buzzoin ?

La grève du like : état des lieux

Commençons par un florilège de noms américains pour la plupart, de citations, grandes déclarations qui montrent à quel point le je-t’aime-moi-non-plus de ces bêtes à likes nous touchent tous et toutes, à commencer par ceux et celles qui les animent et les remplissent de leurs vies : 

  • Tom Holland, vous situez ? Il a joué dans Spiderman, c’est un des boss du ciné aujourd’hui. Preuve de la difficulté à se sortir du piège des réseaux, notre bon vieux Tom expliquait il y a quelque temps vouloir “faire une pause”. Insta et X pour lui, sont “trop stimulants, trop écrasants”... Et vous savez comment il l’a annoncé ? Par une vidéo sur insta ! Nickel Tom ! Et on ne juge pas, on comprend même très bien ton dilemme. Nous chez makesense, il nous arrive de dénoncer l’impact des réseaux sur notre santé mentale… en utilisant les réseaux eux-mêmes. “Quand je lis des choses sur moi en ligne, je me laisse submerger et je ne parviens pas à me détacher de ça. Au final, c’est très préjudiciable pour mon état mental. J’ai donc décidé de faire marche arrière et de supprimer les applications.” explique Monsieur Holland (à ne pas confondre, le nôtre, François, adore Tiktok)
  • Il y a aussi ceux ou celles qui y sont sans y être, comme l’actrice Millie Bobby Brown (jouant dans la série Stranger Things, que je n’ai pas vue, et vous ?). Elle a constaté la sexualisation grandissante, violente dont elle était victime sur insta et ailleurs, dès son plus jeune âge. Sa stratégie : confier ses comptes à un community manager. Millie-figue, mi-raisin. 
  • Et Daniel, monsieur Harry Potter, il en dit quoi ? Pareil, lui craint trop la violence des critiques et s’est toujours refusé, par exemple, à entrer dans l’arène Twitter/X. 
  • Même chose pour Jennifer Lawrence, mégastar, méga-absence : “si vous voyez un compte avec mon nom ce n’est pas le mien”. Clair et net Jenni, on peut t’appeler Jenni ? 
  • Lalaland sur Tiktok, ce serait nul. C’est en tout cas ce que pense Emma Stone, très critique envers tous ces outils et refusant la loi de la validation par les pairs que l’écrasante majorité suit aujourd’hui en croyant ne pas avoir le choix. 

La liste est (heureusement) encore longue : il y a aussi Keanu Reeves, Emily Blunt, Georges Clooney, Kate Winslet, Bradley Cooper, Benedict Cumberbatch et Mila Kunis qui déclare : “Ce que je fais et ce que je suis sont deux choses différentes. Pour moi c’est très important de séparer ces deux choses.”

Plus près de chez vous

Oui, parce que la folie des grandeurs hollywoodiennes et les autres ça va bien 5 minutes. Chez nous aussi, ici en France, on a des starlettes qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. 

Alain Chabat par exemple. Si le créatif à la folie géniale s’est fait connaître par la télé, le réseau social d’avant le XXIème siècle, notamment ses émissions avec les Nuls, ses Burger Quiz à l’époque, vous ne trouverez aujourd’hui aucun compte “AlainChabatOfficiel” sur insta ou ailleurs. Et on a tendance à croire que le temps que le gaillard ne passe pas à poster des reels, il l’utilise pour se marrer et inventer un peu plus. 

Autre génération, même constat : Camille Cottin. L’actrice dont Jim Carrey faisait l’éloge lors de la dernière cérémonie des Césars a développé une allergie aux réseaux sociaux. Selon les dires d’internet, c’est sa vie de famille, privée et le temps qu’elle désire y consacrer qui priment sur son auto-promotion. “Je ne me vois pas déballer ma vie sur les réseaux sociaux. Et puis comme ça, je garde le mystère et on se dit que j'ai peut-être une vie géniale.” En plus elle est marrant Camille.

Il y en a d’autres, comme Alexandre Astier, qui boycottaient sans peine les réseaux il y a encore peu mais qui, disons le, dérapent sérieusement ces derniers temps. Pour la sortie de son nouveau volet de Kaamelott, Monsieur Astier semble avoir fait le tour des plateaux télé, podcasts, youtubeurs, le tout renforcé à grand coup de reels sur instragram. Revenir à ce boulevard pour communiquer, on comprend que c’est le plus “facile”... Mais peut-être pas le plus efficace.

Prendre le risque d’y gagner 

C’est en tout cas l’avis de Fanny Ruwet et Thomas Wiesel qui dans le podcast des Gens qui doutent reviennent avec passion à l’outil newsletter. Au lieu d’espérer que parmi 100 000 vues, 100 personnes achètent un billet pour un spectacle, on décide d’écrire un long, un vrai, un plus honnête message à 10 000 vrais fans… et les 100 places partiront tout autant. Peut-être même plus facilement. “C’est pas faux” dirait Astier.

Sortir des sentiers battus, au-delà des difficultés et risques que cela représente, peut s’avérer paradoxalement payant. L’humoriste Haroun fait également partie de ceux et celles qui tentent petit à petit de s’extraire de la machine infernale des réseaux, GAFAMs et autres. Et le Haroun, qui réfléchit toujours beaucoup, le fait de manière bougrement maline… Il y a quelques années il lançait la plateforme “Pasquinade, l’humour libre” qui visait à mettre en avant des humoristes peu connus et à payer “au chapeau” si ce qu’ils et elles proposent plaît au public. En parallèle, le stand uper met systématiquement en ligne (sur YouTube, certes) ses spectacles en intégralité pour permettre à quiconque d’y avoir accès gratuitement. Récemment il a mené une campagne de crowdfunding pour un film “participatif” au titre évocateur “Oldeupe”. Dans chacune de ses initiatives, Haroun allie l’utile à l’agréable : ne pas faire comme les autres est toujours intrigant, rafraîchissant, voire suscite l’admiration… et donc forcément, refuser de se vendre sur insta fait vendre… ailleurs !

Il y a là une inspiration pour nous autres associations, militants et êtres humains en tout genre désireux d’élever la voix ? 

Nous, par exemple, chez makesense, à quoi ressemblerait notre communication sans les réseaux ? Comment pourrions-nous continuer de vous partager nos pépites, réflexions, espoirs, colères sans passer par les canaux obligatoires de Mark Z. ? Cette discussion, nous l’avons souvent en équipe. Et elle est passionnante. Passionnante parce que comme toute contrainte, elle pousse à la créativité, elle pousse à mettre de côté un instant le “comment” pour revenir au “pourquoi”. Elle pousse à oser peut-être, un jour, un pas de côté, pour faire un pas de fidélité et renforcer un tant soit peu notre cohérence. Nous n’irons peut-être pas jusqu’à citer Timothée Chalamet qui craint “un déclin de civilisation” dû aux réseaux sociaux… Ah ben si, on l’a cité, au temps pour nous.

En France 20% de nos enfants ont été victimes de cyberharcèlement.

To be or not be liked, telle est la question

Il a raison, le Timoth. Derrière le petit écran, les petits boutons et quelques vidéos virales, ce qui se joue là est énorme. L’enjeu réside dans le lien que nous entretenons à la marche du monde, au progrès, à l’accélération provoquée par des outils qui ne se préoccupent certainement pas de notre écologie intérieure.

Il y a en France 20% de nos enfants qui ont été victimes de cyberharcèlement. Comment un tel espace de violence peut-il continuer d’être omniprésent dans nos poches, nos vies, nos journées ? Pourquoi, quand tout le monde s’accorde à dire qu’on y passe trop de temps, continue-t-on d’y passer trop de temps ? Comment peut-on dénoncer la non-protection de nos données tout en acceptant de les partager un peu plus à chaque post ? 

C’est bien qu’il doit y avoir quelque chose, en creux, en fond, de bien puissant, bien mystérieux aussi. Ce n’est pas bien agréable de le réaliser mais nous sommes tous et toutes, à peu de choses humaines près, dans le même panier. Il y a en nous cette soif de nous faire entendre, d’exister, de se démarquer. En nous ce gouffre qui mérite tant d’être regardé avec notre thérapeute Dr Brochard, qu’avec ceux et celles qui nous aiment, vraiment, plutôt que ceux qui nous likent. 

Finissons donc cette réflexion par les 5 questions que les influenceurs, influenceuses et nous-mêmes ne devront surtout pas cesser de nous poser : 

  • L’énergie reçue grâce à tel réseau social est-elle supérieure à celle que je lui donne ? 
  • Quand je clique, est-ce que je sais pour quoi je clique ? 
  • Puis-je trouver un moyen de communiquer dont l’utilisation provoque autant de joie que son objectif une fois atteint ? 
  • Les vrais influenceurs de nos vies ne le sont-ils pas devenus parce qu’ils et elles nous ont parlé en dehors de tout écran ? 
  • Y a-t-il un âge où l’on devient prêt à s’influencer soi-même ?
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