Entrepreneuriat et santé mentale : 8 légendes urbaines à déconstruire

Entrepreneuriat et santé mentale : 8 légendes urbaines à déconstruire

La santé mentale n’est ni un tabou ni une faiblesse. Pourtant, l’entrepreneuriat regorge d’idées reçues qui freinent la prévention et l’entraide. Huit mythes à oublier d’urgence.
04 February 2026
3 minutes de lecture

Le bien-être au travail est l’objet de nombreuses croyances erronées qui peuvent rendre difficiles les prises de parole, de décisions, la mise en action, la santé physique et mentale. Des effets accentués quand on est soi-même entrepreneur social. Laura Pivette, fondatrice de Terra Legal, avocate en droit du travail et médiatrice, déconstruit ces croyances, sans filtre et avec tact. 

"Parler de santé mentale, c’est intrusif."   

La santé mentale, c’est privé, mais pas tabou. Avec le consentement des intéressé·es, il est possible d’en parler. Sensibiliser et ouvrir des espaces de parole n’est pas une intrusion dans la vie privée, mais une prévention essentielle contre l’épuisement professionnel. 

"Je suis dirigeant, pas psy !"

Et c’est normal ! Mais avoir des personnes en interne qui sont à l’écoute des difficultés sans juger peut déjà apporter un soutien et permet de vérifier si la cause du mal-être est personnelle ou professionnelle. On peut ensuite orienter vers des ressources adaptées : séances de psy avec la mutuelle, médecine du travail, échange entre pairs, professionnels de santé, coachs… Vous n’avez pas à tout gérer et à trouver les solutions seul mais vous pouvez créer un environnement où chacun sait vers qui se tourner fait toute la différence.

"Un entrepreneur doit tout maîtriser dans les moindres détails.”

Déléguer et responsabiliser ne signifie pas perdre le contrôle, mais partager la charge pour plus d’efficacité et de sérénité. Impliquer les RH ou managers et s’appuyer sur des ressources internes ou externes (psychologues du travail, médiateurs, juristes, etc.) permet de mieux répartir les responsabilités et d’assurer un fonctionnement plus fluide et pérenne.

“Un entrepreneur doit être exemplaire.”

“Être exemplaire” ne veut pas dire “être parfait”. L’entrepreneuriat est une aventure collective et nécessite la mise en commun de ressources pour avancer. Les moments de vulnérabilité ne sont pas une faiblesse : ce sont des fluctuations normales de la vie professionnelle et personnelle. Savoir les reconnaître, composer avec et demander de l’aide pour y faire face est aussi une preuve de professionnalisme ! 


“Si un salarié est en burnout, c’est forcément la faute du dirigeant."

La santé mentale dépend de nombreux facteurs : santé physique, hygiène de vie, relations, charge de travail, charge mentale, équilibre pro / perso, état psychique, conditionnements socio-culturels, environnement professionnel et environnement personnel… des dimensions à la fois individuelles, structurelles et sociétales. Dans les situations de burn-out, on retrouve souvent plusieurs causes qui relèvent au niveau individuel et/ ou collectif. Dans certains cas, de nombreux moyens sont mis en place pour permettre aux salariés de préserver leur santé, si ces derniers ne s’en saisissent pas, cela n’aura pas d’impact ! Inversement, si certaines personnes font remonter des signaux faibles mais qu’ils ne sont pas adressés à temps, cela peut conduire à de l’épuisement. 

“Un bon entrepreneur n’a pas besoin de suivi sur son bien-être.”  

L’entrepreneuriat n’est pas fait pour tout le monde … et même pour ceux et celles qui ont “ça dans le sang” c’est une expérience difficile car les exigences de l’entrepreneuriat ne sont pas forcément compatibles avec les fondamentaux de santé physique et mentale. Que ce soit par des pairs, coachs, mentor, psy… se faire accompagner est essentiel pour prendre de la hauteur dans les moments difficiles, être conseillé pour les décisions importantes et préserver sa santé pour tenir dans la durée.

"Si je prends trop soin de mes salariés, ils et elles en abuseraient et c’est moi qui vais me cramer."

Un climat bienveillant favorise l’engagement et réduit le turn-over. L’écoute et la reconnaissance ne sont pas des portes ouvertes à la complaisance, mais des leviers de motivation. Les abus sont rares mais si cela arrive, c’est peut-être un signe de désalignement ou désengagement de la personne dans son poste ou avec le projet. Être bienveillant ne veut pas dire être maternant : l’objectif est de créer un environnement de travail qui favorise la confiance, l’engagement et l’autonomie sans faire à la place des autres ou prendre toute la charge sur soi. Kim Scott parle notamment de sincérité bienveillante dans son ouvrage Radical Candor pour ne pas tomber dans une bienveillance “toxique”.

"Fixer un cadre, c’est brider la liberté."

Un cadre clair ne limite pas la liberté, il la structure. Co-construire des règles de fonctionnement explicites (via un accord collectif ou une charte) permet d’éviter les attentes irréalistes et de préserver un climat sain, où chacun sait où il ou elle va.

Comment garder la tête froide quand tout s'enflamme ?

Dans nos deux guides de la collection "Entreprendre sans se cramer", tu trouveras des ressources pour mieux comprendre les enjeux de la santé mentale au travail, des outils et bonnes pratiques pour te mettre en action, ainsi que des témoignages d’entrepreneurs et d’experts. C'est par ici.

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