La joie comme levier d'engagement en 3 projets

La joie comme levier d'engagement en 3 projets

Fini le cliché de l'engagement associatif ennuyeux : en 2026, les projets qui redonnent de l'aura au militantisme pullulent un peu partout. Trois exemples (presque) au hasard.
02 July 2026
4 minutes de lecture

On a longtemps attribué l’engagement ou l’associatif à un truc profondément ennuyeux, la bonne action à faire parce qu’on n’a pas le choix et qu’il faut bien trouver un truc à répondre à ceux qui nous disent qu’on n’est pas des gens biens. 

Néanmoins, et si vous êtes perspicace, vous avez remarqué que la phrase précédente est conjuguée… au passé. Parce que oui, il semble qu’en 2026 les projets qui participent à augmenter l’aura de l’engagement et du militantisme pullulent un peu partout. Trois exemples (presque) au hasard

Inclusion Quest : jouer pour s’engager

Si je vous demande de me donner la première cause de discrimination en France, vous répondez ? Le handicap ? Et oui. Si cet enjeu semble être discuté, débattu depuis des décennies, il n’en reste pas moins que le résultat est le même : aujourd’hui encore en 2026, le handicap est un tabou, un des oubliés récurrent de notre société. 

Face à ce constat, un groupe d’étudiants de l'école d'ingénieurs IMT Atlantique (quand ils se présentent, ils doivent dire “à peu de choses près, on est comme le MIT”)  décide de créer Inclusion Quest, un Serious game pour briser le malaise face au handicap. Inclusion Quest est une structure relevant de l'économie sociale et solidaire (ESS), qui recherche l’impact social avant tout. 

Vous l’avez bien lu, ces étudiants-là sont des ingénieurs, qui pensent et créent comme des ingénieurs : à partir d’un problème complexe (le handicap invisible donc) ils analysent les freins (et notamment nos biais cognitifs ou encore notre méconnaissance légale) le tout afin de construire une solution systémique et reproductible (et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’agissent pas seuls et s’inscrivent dans un tissu de partenaires divers et variés tels que France Parkinson, UNAFAM ou encore APEDYS 44). 

La bonne idée de ces trois-là est d’aller chercher l’outil du jeu et de le mettre au service d’un sujet souvent traité avec lourdeur. Par le jeu, leur objectif de démocratiser la formation à l'inclusion est facilitée. Par le jeu, notre méconnaissance et nos maladresses deviennent acceptables.

La Repousse : danser pour se nourrir

Le chantier participatif, comme son nom l’indique, est un rassemblement d’un petit groupe de personnes qui se portent volontaires pour contribuer, avec ou sans connaissances préalables, à une construction, plantation, rénovation, en bref à un chantier collectif. Si vous avez déjà tenté l’expérience, vous conviendrez qu’il y a toujours, en fin de journée, un petit côté festif qui participe grandement à motiver les bénévoles à prolonger l’expérience. Et si “petit côté festif” se tranformait en grande fête et, soyons fous et folles, carrément en festival ? 

C’est le pari de La Repousse, une association dont la mission est aussi belle qu’ambitieuse : transformer nos campagnes en mobilisant des citoyennes et citoyens autour de ce format inédit qu’ils et elles nomment : “chantiers-festivals”. Chanter, oui, danser, oui, manger des potatoes du coin, bien-sûr mais le tout en replantant des haies, en apprenant puis en fabriquant vous-même des séchoirs solaires. Le Repousse, c’est l’exemple même de l’engagement qui s’habille (ou se déshabille, je ne sais pas comment vous vivez les festivals d’ordinaire) de joie et de collectif. 

Concrètement, La Repousse s’installe sur un lieu avec un défi précis et ouvre ses portes sur une durée donnée à différents festivaliers et festivalières qui vont et viennent et font avancer le chantier. Le dernier en date, “L'Épop’haie” a par exemple permis d’entretenir 10 km de haies, grâce à plus de 3000 heures de travail bénévole. Et quand on les regarde faire, on réalise qu’il n’y a rien de plus évident que ça : l’écologie est toujours solidaire, la résilience alimentaire est forcément collective, la biodiversité n’existe pas sans danse, notre avenir ne s’écrira pas sans La Repousse.

All City’Fest : festoyer pour se relier

Tant qu’à faire et pendant que les enceintes sont là, poursuivons sur cette lancée. Après le jeu, après les festival, mélangeons un peu tout ça et rendons-nous à Alençon. C’est là-bas que Maëva Bourgoin a créé l’association All City’Fest, qui porte l’organisation d’un festival de citoyens et citoyennes un peu particulier. En effet, en plus de jouer pleinement son rôle de festival, de faire danser et chanter, All City-Fest se présente comme un laboratoire d’idées citoyennes au cœur d’Alençon. La dimension territoriale du projet est essentielle : valoriser un territoire permet en effet de renforcer les liens de ses habitants mais aussi de soutenir leurs initiatives, de renforcer le réseau des acteurs présents sur le territoire… Et c’est au passage aussi le rôle des politiques publiques de faire émerger les besoins des habitants et habitantes. Ce trou dans la raquette explique aussi l’émergence d’All City’Fest. 

“Favoriser la participation des citoyens et citoyennes”, “encourager la créativité”, “promouvoir la solidarité”, “célébrer la diversité culturelle”... Ça fait rêver mais ça marche vraiment ce rêve ? 

Et bien oui. La première édition baptisée “Notre Alençon de demain” est un objet aux multiples facettes : vous y trouverez un tremplin pour valoriser les initiatives nouvelles du territoire, vous y rencontrerez des producteurs et artistes locaux, vous serez invité.e à participer à l’événement et à y apporter votre touche…

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