Les lieux de soin en 3 projets

Les lieux de soin en 3 projets

Face à l'urgence, découvrez trois initiatives inspirantes qui créent des espaces de soin et de tranquillité : un tiers-lieu féministe à Lyon, un coffee shop solidaire à Paris et des ateliers dédiés au consentement.
01 July 2026
4 minutes de lecture

Dans “Une chambre à soi”, son best-seller de 1929, Virginia Woolf écrit : “Il est vain de dire que les êtres humains devraient se contenter de tranquillité : ils ont besoin d'action; et ils la créeront s'ils ne peuvent la trouver.” Créer l’action, chercher la tranquillité, voilà un objectif noble qui peut paraître bien vertigineux à l’heure où chaque fragment du monde perd peu à peu de son paisible silence. Pourtant ça et là, des êtres humains, ceux et celles dont Virginia devait parler, se lancent dans des percées du chaos et créent des espaces pour agir, des espaces de soin, des espaces pour s’envelopper d’une tranquillité humaine vitale. Visitons-les de ce pas !

La médiane, un tiers-lieu féministe

Direction Lyon, en plein cœur de la ville, au 255 Rue de Créqui. C’est là qu’ouvrira prochainement un nouveau tiers-lieu féministe porté par Fanny Chateau et baptisé La Médiane. Son nom évocateur délimite aussi l’état d’esprit d’un projet à l’objectif clair : favoriser les conditions d’échange, de dialogue, de soin et ainsi vivre dans le réel des concepts parfois écrasants comme l’égalité. 

L’égalité de genre notamment n’est pas une spécialisation appartenant aux mains de quelques uns ou quelques unes. C’est pourtant ce que veulent nous faire croire les incessants discours sexistes, racistes, queerphobes en vogue sur les plateaux télé et autres médias réactionnaires. Nous sommes toutes et tous pleinement impliqués dans cet enjeu et responsables d’infuser cette valeur au quotidien… mais comment se l’approprier ? Comment se former ou tout simplement témoigner de nos vécus sans peur du rejet, des moqueries ? C’est là que La Médiane entre en jeu.  La Médiane c’est un espace vivant, où l’accueil est soigné tout comme les moments pour réfléchir ou créer à plusieurs. Des ateliers de sensibilisation autour des sujets d’égalité et de lutte contre les discriminations sont également proposés

Mais encore ? Pour vous convaincre d’aller y jeter un coup d'œil (si ce n’est déjà fait), sachez que vous y trouverez un café-bar convivial, une programmation socio-culturelle engagée ouverte à tous et toutes ainsi que des espaces de travail dédiés aux associations et collectifs, notamment féministes dans une ère où la menace sur elles est bien réelle...

La Caverne de Safa, un coffee shop solidaire pour étudiants et précaires

Pour comprendre la Caverne de Safa, il faut d’abord connaitre SAFA, une association qui répond aux besoins essentiels (hygiène, santé) de ceux et celles qui en ont le plus besoin. Mais récemment les étudiants engagés dans le projet ont lancé un lieu de soin, un vrai, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris, l’attirante Caverne de SAFA. 

Destiné à ceux et celles qui galèrent en fin de mois, qui serrent la ceinture pour combiner études et bien-être, cet espace est avant tout une ambiance. Un lieu dans lequel on a envie de rester, de s’affaler, de refaire le monde. Pensé pour favoriser les rencontres, les échanges et le bien-être, la Caverne de SAFA c’est un OSNI, un Objet de Soin Non Identifié, une sorte de coffee shop où l’on peut autant boire un café crème que se poser avec quelques copains et copines. La toile de fond, la mission de SAFA est présente partout avec beaucoup de délicatesse : rendre l’hygiène et la santé accessibles à toutes. Parce qu'aujourd'hui, l’accès à la santé et aux soins est loin d’être automatique. En 2025, près des trois quarts des Français — 73 % — déclarent avoir déjà renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années, contre 63 % en 2024 (Ipsos).

Concrètement, à la Caverne de Safa, il y a des distributeurs de produits d’hygiène gratuits (un service de click & collect), des cafés et gourmandises offerts, des ateliers bien-être et créatifs qui vont d’artisanat comme la poterie, la peinture à l’art-thérapie, en passant par des soins du visage, des ateliers de cuisine saine pour les petits budgets.

On passe d’espaces de soin à des espaces de soin par la parole. Aujourd’hui “se parler” est en haut de la liste de nos priorités et les occasions de provoquer la parole se multiplient : vous avez peut-être déjà participé à des ateliers théâtres, des cercles de parole en non-mixité, des groupes d’éco-anxiété, etc. Mais connaissez-vous les ateliers de consentement ? 

Dans un rapport récent de l’Observatoire National des Violences Ffaites aux Femmes, il était rappelé que toutes les 23 secondes, une femme est victime de harcèlement, que toutes les deux minutes, l’une d’entre elles subit un viol ou une tentative de viol ou encore que le nombre de féminicides atteignait, encore, un niveau grave (107). C’est dans ce contexte et cette urgence que des ateliers intitulés “Merci pour ton non” se veulent des espaces pour apprendre à dire non et façonner différemment nos relations, en bref d’explorer le consentement dans un cadre bienveillant et participatif. La promesse de “Merci pour ton non” est forte et multiple : en sortant de ces 3 heures, on doit pouvoir garder avec soi une définition claire du consentement et surtout être capable de repérer les situations problématiques (qu’on en soit victime ou acteur.rice), de les accueillir avec plus de confiance et d’authenticité. 

Au-delà des temps de partage pur, des formats plus inventifs sont proposés et notamment des exercices ludiques pour connaitre les notions clés, les incarner, des jeux de rôles et mises en situation.     

Pas de panique, vous ne tomberez pas dans une usine mêlant psychologie, politique et développement perso, le cadre est tout simple. A savoir 6 à 15 personnes réunies, un prix libre et des ateliers organisés un peu partout en France (plutôt dans les grandes villes pour le moment).

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