Barbecue végé : l'art de griller sans culpabiliser

Barbecue végé : l'art de griller sans culpabiliser

Il n’y a pas que le chipos dans la vie. On peut aussi cuisiner au barbecue tout un tas de légumes et se prendre la fumée dans le nez sans se prendre le réchauffement climatique dans la face. Vous testez ?
26 June 2026
5 minutes de lecture

Elle est là votre saison préférée, elles sont là vos soirées étirées jusqu’à l’ivresse d’une existence enfin pleinement vécue, ils sont là vos bains dans les eaux douces de l’insouciance, ils sont là vos barbeuc… stop. La suite de cette phrase et le menu de votre dîner de ce soir sont-ils inévitables ? On va vous prouver que non. Le concept du barbecue, on adore et on le garde. Celui de la viande qui grille, on vous propose de le repeindre légèrement. De vert, d’amour et d’eau fraîche. 

Certaines et certains vous le diront sans hésiter, les yeux dans les yeux : Pas de viande, pas de barbeuc. Pas de barbeuc, pas de palais (palais dans le sens gustatif… Premier paragraphe, premier jeu de mot, cet article démarre très fort). Et bien nous on est convaincus que si, le barbecue peut survivre à un retournement de situation inattendu et prendre la forme d’un festin végétarien sans précédent. Pour ça, il vous suffit de suivre attentivement les étapes ci-dessous et de lâcher ce steak que vous tenez dans la main gauche. Maintenant. 

Matos : c’est simple quand ce n’est pas compliqué

Commençons par le plus facile : le squelette de votre barbecue (squelette c’est une image attention), le matériel. Là-dessus rien de plus simple : votre vieux barbecue qui servait autrefois (dans une vie carnée que vous souhaitez passer sous silence et nous respecterons ce souhait) à noircir de la merguez, celui-là même fera l’affaire pour votre version végétarienne. Nouveau régime, nouvelle vie, n’hésitez pas à lui donner un petit coup de polish avant, histoire de vous débarrasser des derniers bouts de gras, graisses et autres gravités d’antan.  

Marketing : assumez-le !

Ceci n’est pas un détail. Organiser un barbecue végétarien c’est aussi convaincre les plus frileux de venir. Il y a deux erreurs à ne surtout pas commettre lorsqu’on envoie les invitations, notamment aux bons viandards : 

  • La première, c’est d’annoncer un “barbecue”, sans plus de précision. La joie qu’auront certains à l’idée de retrouver leur bidoche sur les braises explosera à la vision de vos trois poivrons sur la grille. Et là l’ambiance va immédiatement se glacer. L’un mangera son taboulet les yeux dans le vide, sidéré par votre trahison, l’autre versera son verre de kombucha sur les flammes fragiles de votre création. 
  • La seconde, c’est au contraire de ne pas assumer quand dans “barbecue végétarien”, il y a bien le mot “barbecue”. Oui, vous allez proposer quelque chose qui pour certains, a priori, est une insulte à leur repas favori. Oui, vous allez faire des brochettes, des grillades, oui on appelle ça un barbecue et oui ça va être délicieux. 

Pour séduire les anti-végé et les attirer, tentez trois stratégies. La première est celle du tout-pour-le-tout : “Essaie juste une fois et si ton ventre ne passe pas un bon moment, promis on recommencera pas”. La deuxième, risquée, est celle du chantage : “Si tu ne viens pas je ne te réinviterai plus jamais et je déchire la photo de nous deux accrochée dans mon salon”. La dernière enfin nécessite du temps et de l’argent : “Si tu goûtes à mon barbeuc végétarien, je t’offre en cadeau un nouveau maillot de bain et je finance une équipe de chercheur pour inventer une voiture qui roule à l’huile d’olive, voiture que je t’offrirai une fois qu’elle verra le jour”. 

Recette : c’est là que tout se joue

On a beau enrober les invitations, soigner l’ambiance, mettre des lampions pour que son jardin se métamorphose en guinguette, ce qui fera juge de paix, au final, c’est la qualité des assiettes. Loin de vous l’idée de vous contenter de la classico-classique brochette de légumes (même si personnellement j’ai un attachement maladif pour celles contenant des dés de feta, d’aubergine et de courgette), nous allons ensemble aller toujours plus haut ! Et les options de se faire plaisir sont innombrables, voire plus qu’innombrables :

  • Surprenez avec les “petites tartines”. Si vous n’aimez pas cuisiner mais que vous n’en demeurez pas moins gourmet, cette recette est faite pour vous. Tranchez du pain (qui peut dater de quelques jours), tartinez-le de beurre (bonjour les Normands) ou d’huile d’olive (salut Marseille). Déposez-y de l’ail en petits morceaux, des graines de tournesol, de sésame, un morceau de bleu (passion roquefort, et vous ?) et quelques fines tranches de pommes. Si vous n’avez aucune limite, ajoutez un soupçon de miel.
  • Optez pour la tomate de la joie, optez pour la tomozzopesto (oui j’ai inventé ce mot et j’aurais dû me retenir). 3 éléments : tomates bien fermes (sinon ça dégouline), une sauce gourmande (sauce pesto basilic, ail haché, huile d’olive et toutes les épices que votre cœur vous conseillera) et un peu de mozza. Coupez les tomates en deux, nappez-les du mélange, déposez délicatement la mozza sur le dessus et attendez que ça se colore un peu… Va bene ! (j’ai vécu 6 mois à Rome, d’où l’italien impeccable)
  • Faites votre intéressant avec les œufs en cocotte de poivron. Vous coupez un poivron en deux, vous le videz pour que les adorables poules puissent profiter de la soirée aussi. Une fois sur la grille, attendez une dizaine de minutes en le retournant. Vient ensuite le moment d’y loger un œuf bien frais (des mêmes adorables poules), de saupoudrer de paprika, herbes de provences, poivre et sel. Quand c’est cuit, alors cela voudra dire que c’est cuit.
  • Soyez Orelsan, soyez simple, basique : coupez des carottes, courgettes, poivrons, ce que vous voudrez en “limaces”, faites pré-cuire la veille au four. Une fois que c’est bien mou, faites mariner dans de l’huile d’olive aromatisée à ce que vous voulez. Déposez cela sur le barbeuc le jour J (dans un plat en métal par exemple, pour éviter les pertes), vos chips fusilleront les papilles de vos invités. 
  • Consolez les nostalgiques avec les saucisses végétariennes. Tout commence par une poêle, ça, vous gérez. Dedans, vous faites revenir oignons et poivrons. En parallèle, vous écrasez des haricots rouges pour obtenir une bouillie, bouillie à laquelle vous ajoutez vos oignons et poivrons avec, c’est important pour le goût, des épices, du sel, du fromage râpé et un œuf. Mélangez patiemment puis telle Camille Claudel, sculptez tout cela en jolies saucisses. Roulez le tout dans un peu de farine et utilisez le même plat pour que les filles se dorlotent au-dessus des braises sans se disloquer.
  • Mettez un peu de soleil avec les épis de maïs grillés. Fastoche comme disent les jeunes, à condition de bien précuire le maïs à l’avance dans l’eau bouillante. Barbouillez-moi ça d’huile d’olive, de sel, voire d’un peu de piment d’espelette derrière. 
  • Soyez à l’Est avec les galettes pommes de terre-carotte. Là encore, un peu de préparation : râpez des carottes et des patates, mélangez ceci à des œufs, du fromage, de la moutarde et des épices. Faites-en des petites galettes que vous pourrez disposer ensuite sur un papier sulfurisé posé sur votre grille.


C’est bon vous avez faim ?

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