“C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas*.”
Car l’aube se lève encore
sur les collines couvertes de brume,
les rivières poursuivent leur chant ancien,
et les arbres, immobiles prophètes,
continuent d’écrire dans le vent
des vérités que nul ne prend le temps de lire.
Les oiseaux savent des choses
que les hommes ont oubliées.
Ils ignorent les horloges,
les frontières,
les ambitions stériles,
et pourtant leur existence épouse le monde
avec une justesse parfaite.
La mer enseigne la patience,
la montagne le silence,
et la forêt cette lenteur sacrée
qui apaise les âmes fatiguées.
Mais l’homme moderne traverse la terre
comme un étranger pressé,
le regard rivé vers le bruit,
oubliant que le ciel aussi
attend parfois qu’on le contemple.
Il suffirait pourtant
d’un instant de calme,
d’un pas plus lent sur un chemin,
pour entendre derrière le vacarme des villes
le souffle immense du vivant.
Alors peut-être comprendrions-nous enfin
que la nature n’a jamais cessé de parler,
et que c’est nous
qui avons désappris à écouter.
* Victor Hugo